Sud-Kivu : bilan alarmant du choléra dans la zone de santé d’Uvira et de Ruzizi (mises à jour)
La situation sanitaire dans la Zone de santé d'Uvira et de Ruzizi est alarmante en raison d'une épidémie de choléra en pleine recrudescence. Selon Jaime Saidi, chargée de communication à la Zone de Santé d’Uvira et point focal Choléra, la flambée a débuté à la semaine 9 (fin février), avec un rapport de 65 nouveaux cas et 2 décès dans une seule semaine.
Cela
rapporte jusqu’à ce 18 février 2025 un total de plus de 118 cas et 2 décès
depuis le début de l’épidémie. « C’est
une situation préoccupante, mais nos infirmiers font un travail remarquable
pour soigner les patients et limiter la propagation », souligne-t-il.
Lors
d’une interview avec LA PRESSE AFRICAINE, monsieur Jaime Saidi insiste sur le
fait que la lutte contre le choléra nécessite une approche multi-facette : « Nous devons intervenir à tous les niveaux,
pas seulement dans les centres de traitement, mais également dans les communautés
», dit-il. Les mesures à prendre incluent non seulement le traitement des eaux
contaminées, mais aussi une sensibilisation accrue sur les pratiques d'hygiène.
« Le lavage des mains, par exemple, est une
action simple mais efficace ; il peut réduire jusqu’à 50% les cas de
choléra et d’autres maladies liées à une mauvaise hygiène », précise-t-il.
De
l’autre côté dans la Zone de santé de Ruzizi, le Dr Kashobo Bagoyola, médecin
chef de la Zone de Santé, fait état de 270 cas et 11 décès depuis le 28 février
2025. Il décrit une propagation rapide du choléra depuis l’air de santé de
Runingu « où il y a le cas index,
c'est-à-dire le premier cas ». Cette source interrogé par LA PRESSE AFRICAINE souligne les défis posés par les déplacements de population, souvent
victimes de contamination à cause de l’eau non potable.
« Comme
vous le savez, avec les hostilités, il y a eu des mouvements de la population,
pas seulement les militaires, qui ont parcouru de longs trajets, et au cours de
ces longs trajets, il y a eu consommation de l'eau qui n'est pas potable,
peut-être de l'eau contaminée par les vibrions du choléra. C'est cette
population flottante qui est la plus affectée par le choléra »,
explique-t-il.
Nos
sources encouragent les habitants à acheter des purifiants d’eau ou à bouillir
l’eau pour éviter les contaminations en cas de manque d’eau potable de la
REGIDESO. Jaime Saidi a de son côté dénoncé le comportement sur « la mauvaise gestion des déchets, notamment
les Pampex que les mamans jettent n'importe où, n'importe comment, dans les
rues, dans les poubelles ainsi de suite, et oubliant que ces pampex sont des
matières fécales qui sont jetées à l'air libre et expose les communautés à de
graves risques sanitaires ».
Face
à cette crise, certains partenaires comme la Croix-Rouge, MSF Hollande, l'OMS
et l'UNICEF ont déjà répondu présent pour apporter une aide logistique et des
intrants nécessaires à la lutte contre cette épidémie dans la Zone de santé
d’Uvira, indique monsieur JAIME SAIDI.
Et
dans la plaine de la Ruzizi, le MCZ parle de l’Association de Femmes pour la
Promotion et le Développement Endogène (AFPDE) et les Médecins sans Frontière
(MSF) appuient le Centre de Traitement de Cholera pour la prise en charge
gratuite des malades.
Pascal
BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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