Sud-Kivu : alerte sur de présumés détournements à la Sucrerie du Kivu
La Société civile citoyenne d’Uvira tire la sonnette d’alarme sur de présumés détournements de biens et de recettes au sein de la sucrerie du Kivu, une entreprise agro-industrielle du Sud-Kivu, située à Kiliba en territoire d’Uvira.
Dans une interview accordée à
La Presse africaine mercredi 20 mai 2026, le coordinateur territorial de cette
structure citoyenne, Basimise Marango Jean Luc, a dénoncé une situation préoccupante
et qui, selon lui, menace l’avenir de cette entreprise ainsi que les services
sociaux dont bénéficiait la population locale.
Selon cet acteur de la société
civile, les problèmes actuels remonteraient notamment au passage à Kiliba de l’actuel
président de l’assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, alors ministre du Budget.
D’après ses déclarations, ce dernier aurait procédé à une « nomination verbale
» de M. Emmanuel Ilumbi comme directeur général adjoint de la Sucrerie du Kivu,
sans qu’un document officiel n’ait été rendu public.
Pour Basimise Marango Jean
Luc, « La nomination des mandataires des
entreprises publiques relève du Président de la République. Jusqu’à présent,
nous n’avons jamais vu un document attestant cette nomination. »
Quelques jours après, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a effectué une visite à la Sucrerie du
Kivu. Selon notre source, les responsables locaux auraient alors présenté à
l’autorité provinciale un état des lieux faisant état de détournements présumés
de mélasse et de stocks de sucre détérioré qui auraient continué à être vendus.
D’après la société civile, le gouverneur aurait demandé qu’aucun produit ne quitte désormais l’entreprise sans contrôle préalable et aurait déclaré ne pas reconnaître la nomination verbale évoquée plus haut. Malgré cela, les dénonciateurs affirment que les pratiques incriminées se poursuivraient encore actuellement.
Face à cette situation, la
Société civile citoyenne d’Uvira appelle les autorités nationales et
provinciales à diligenter une enquête indépendante et mixte afin d’établir les
responsabilités.
« Nous demandons aux autorités compétentes de venir s’imprégner de cette
situation et d’ouvrir une enquête mixte pour que ces détournements cessent
», a insisté Basimise Marango Jean Luc.
Au-delà des accusations
financières, la société civile attire aussi l’attention sur les conséquences
sociales de cette crise de gouvernance. Elle affirme que la structure sanitaire
de la Sucrerie du Kivu, autrefois au service des travailleurs et des habitants
de Kiliba, fonctionnerait aujourd’hui dans des conditions très difficiles.
Selon les déclarations
recueillies, le centre médical manquerait de médicaments et de moyens de fonctionnement,
malgré l’existence supposée de biens immobiliers appartenant à l’entreprise,
notamment des appartements loués à Kinshasa et à Uvira, dont les revenus
resteraient, selon les dénonciateurs, sans traçabilité claire.
« L’appartement
à Kinshasa est payé 7000 dollars par mois. Il y a aussi un autre appartement à Uvira
à côté de la société Bralima ; cet appartement est loué. Mais on ne
connaît pas à quoi sert cet argent et où va cet argent. Raison pour laquelle
nous insistons pour qu'il y ait une enquête », renchérit M. Basimise.
Pour la société civile, une meilleure
gestion des ressources de la Sucrerie du Kivu permettrait de renforcer les
services sociaux de base au profit des employés et des communautés riveraines.
Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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