Occupation du PNKB par l’AFC/M23 : la déforestation massive et le braconnage menace l’écosystème
Des activités illégales telles que l'abattage d'arbres et le braconnage mettent en danger la biodiversité du parc national Kahuzi Biega alors que l'Est de la RDC est en proie à un conflit persistant.
Selon des sources locales,
la situation se détériore tant dans les basses que dans les hautes altitudes du
PNKB. Des groupes communautaires se mobilisent pour abattre des arbres et
produire du charbon de bois, entraînant une baisse significative du prix du
sac, passant de 80 000 à 30 000 francs congolais. Cette activité lucrative,
alimentée par des investisseurs, menace directement l'écosystème du parc.
Un responsable du PNKB,
s'exprimant sous couvert d'anonymat, déplore l'occupation du parc par le M23,
qui a exacerbé la situation. Il alerte sur les conséquences désastreuses pour
les populations locales, le pays et la communauté internationale si le PNKB
venait à disparaître.
Le braconnage et
l'abattage d'arbres ont des conséquences dramatiques sur la faune du parc,
notamment les gorilles de Grauer, une espèce emblématique du PNKB. L'absence de
suivi de ces animaux et la présence de corps en décomposition témoignent de la
gravité de la situation.
Un expert
environnementaliste de l'association Amis de la nature RD Congo estime que le
PNKB pourrait devenir un désert d'ici moins d'un an si rien n'est fait. La
disparition des animaux sauvages, prisés par les touristes, et l'aggravation du
réchauffement climatique auront des conséquences désastreuses pour la
population du Sud-Kivu.
Gérard Hamisi, expert
environnementaliste, appelle les autorités à tous les niveaux à autoriser les
activités dans les aires protégées, en particulier dans le PNKB. Il exhorte
également la population du Sud-Kivu à faire preuve de patriotisme
environnemental et à s'impliquer dans la protection du parc et de ses environs.
Selon ses estimations,
plus de 19 tonnes de charbon de bois et de planches seraient produites chaque
mois, avec une vingtaine de tronçonneuses en activité dans la zone de Madirhiri
et d'autres zones difficilement accessibles.
Rédaction LA PRESSE AFRICAINE
C'est une situation que nous déplorons et pour laquelle des efforts conjugués doivent être fournis. Cependant, en ce qui concerne la basse altitude, dans le Territoire de WALIKALE, la responsabilité est partagée. Le PNKB ne fournit pas assez d'efforts. Depuis la démarcation participative en décembre 2023, aucune des promesses faites par le PNKB aux populations riveraines n'a été respectée. Ceci créé un désintéressement et une faible appropriation. Les dirigeants du PNKB devaient se poser des questions sur sa part de responsabilité et imaginer des voies de sortie pouvant minimiser ces menaces contre les écosystèmes dans le PNKB.