BCZS – Uvira : des équipements font défaut pour sauver des blessés pendant que le bilan est à déplorer
La ville d’Uvira est plongée dans une crise humanitaire sans précédent depuis le 14 février. Le Docteur Panzu Nimi, Médecin Chef de Zone de santé d’Uvira, a lors d’une interview à La Presse africaine ce mercredi 26 février 2025, révélé des chiffres alarmants. Selon lui, 179 blessés, dont 132 militaires, 17 civils, 6 enfants et 24 femmes, ont été enregistrés en seulement dix jours. Ce qui peut représenter une moyenne tragique de 17 à 18 cas par jour, a-t-il fait savoir.
Le
bilan des pertes humaines est tout aussi accablant. À ce jour, 52 décès ont été
déplorés, dont 46 corps retrouvés dans la ville et 6 personnes décédées à
l’hôpital malgré les efforts des équipes médicales, indique notre source. « Nous avons fait tout ce qui était en notre
pouvoir, mais certaines blessures étaient trop graves », a déclaré le Dr
Panzu, visiblement affecté par la situation.
Les
violences sexuelles, un fléau souvent caché, ne sont pas en reste. Deux cas ont
été signalés à l’hôpital général de référence d’Uvira, mais le MCZ craint que
d'autres victimes ne se manifestent pas, rendant leur prise en charge plus
difficile. « Les soins sont plus
efficaces si les victimes se présentent dans les 72 heures suivant l'acte
», a-t-il averti.
Face
à cette détresse, le manque de matériel médical devient un obstacle majeur. « Nous manquons d’équipements essentiels pour
traiter les fractures. « L'ostéosynthèse », comme ceux fournis par le CICR, qui rencontre également des difficultés
d'approvisionnement depuis la prise de Bukavu par les rebelles », a précisé
le Dr Panzu NIMI, MCZ d’Uvira.
Bien
que les médicaments pour les victimes de violences sexuelles soient
disponibles, le manque d'équipements pour les blessés par balles complique la
situation. « Si ces matériels sont là, on
va bien faire le travail. S’ils ne sont pas là, on va faire le travail, mais ça
ne sera pas comme on aurait souhaité. »
Malgré
ces défis, le personnel médical fait preuve d'un dévouement exceptionnel,
certains travaillant jusqu'à 48 heures d'affilée. « Nous avons les ressources humaines nécessaires, mais il nous faut des
fournitures médicales pour offrir des soins adéquats », a insisté le
médecin chef de zone.
Des
organisations comme AFPDE, Médecins du Monde Belgique et Médecins Sans Frontières
Hollande apportent leur soutien, mais le Dr Panzu appelle à une mobilisation
plus large pour éviter les ruptures de stock. « Nous sommes dans une situation difficile, mais nous pouvons encore
faire beaucoup avec l'aide de nos partenaires », a-t-il conclu.
Dans
ce contexte de crise, alerte notre source, il est impératif que les cas de
blessures ne soient pas cachés et que les victimes se rendent à l’hôpital pour
recevoir les soins nécessaires.
Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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