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lpa | 16 mars 2026 | 37 vues

Uvira : les jeunes Fuliru réunis pour réfléchir sur leur culture, la politique et l’économie locale

La Solidarité mondiale des Jeunes Fuliru (SOJEF-M) a organisé une journée de réflexion sur les défis et les perspectives des jeunes Fuliru à Uvira dans la province du Sud-Kivu (RDC). Cette rencontre a rassemblé des jeunes, des leaders de cette tribu et des acteurs locaux autour du thème central « Mufuliru, défis et pistes de solutions ».

Selon FAZILI Martin, coordinateur mondial de la SOJEF-M, l’objectif de cette journée était d’examiner les enjeux qui structurent la vie des jeunes Fuliru et du Mufuliru en général, à l’heure de la modernisation et des mutations culturelles. « Vous vous rendez compte que la jeunesse Fuliru ne maîtrise plus sa culture, ne maîtrise plus sa coutume, et face à la modernisation, elle a perdu certains repères », a-t-il déclaré. Le constat ne s’arrête pas là : « Un jeune Fuliru ne maîtrise plus sa langue. Au lieu de commencer par maitriser le Kifuliru, il privilégie le français ou l’anglais », a-t-il poursuivi, appelant à une réappropriation de la langue et de la culture.

Le coordonnateur de la SOJEF-M a insisté sur la nécessité d’un dialogue collectif pour préserver l’identité fuliru. « Nous devons nous rencontrer, parler autour de cette problématique, pour que les jeunes Fuliru puissent avoir une idée sur leur langue et leur culture », a-t-il affirmé.

La politique et l’économie du Mufuliru

Le débat s’est ensuite élargi aux volets politique et développement, deux axes jugés essentiels pour répondre aux défis locaux.

Sur le plan politique et civique, FAZILI Martin a déploré une certaine démotivation chez des jeunes, qui se laissent distraire par les réseaux sociaux plutôt que de s’intéresser à la politique locale, nationale ou provinciale. Celui-ci appelle la jeunesse Fuliru à une redirection des préoccupations vers « notre politique qui nous concerne d’abord ».

À propos de l’économie locale, le tempo du discours a mis en exergue une autre dimension des préoccupations, celle de l’importation de biens et de productions que le Mufuliru pourrait, selon lui, développer localement. « Nous sommes en train d’importer du bétail alors que nous avons été de grands éleveurs, nous importons des légumes et des fruits… et même des petites histoires que nous devrions produire ici », a évoqué FAZILI Martin, avec une invitation à repenser les chaînes de production locales et à réduire la dépendance extérieure.

Notre source a souligné la nécessité d’un basculement vers une économie plus autonome, en lien avec le territoire d’Uvira où les populations Fuliru constituent un pourcentage significatif. « Qu’est-ce qui est arrivé pour que le Mufuliru puisse importer ces produits ? Nous devons nous organiser pour que l’économie du Mufuliru ne sombre pas et ne dépende pas de l’extérieur », a-t-il déclaré.

En fin de journée, les participants ont formulé des recommandations destinées à guider les actions futures. FAZILI Martin a précisé qu’un secrétariat technique était chargé de collecter et d’écrire ces recommandations, afin que les générations actuelles et futures puissent les lire et s’en inspirer.

Les organisateurs indiquent que l’objectif est d’assurer une continuité intergénérationnelle, en favorisant le dialogue entre les anciens et les jeunes et en stimulant l’appropriation d’un chemin commun pour relever les défis identifiés.

À noter, cette activité tenue à Uvira, samedi 14 mars 2026 dans la salle Kizenga, s’inscrit dans une dynamique plus large visant à mobiliser les jeunes Fuliru autour de questions culturelles, politiques et économiques, afin de bâtir une jeunesse plus informée, plus engagée et davantage autonome dans le cadre du Mufuliru et de la région d’Uvira.

 

Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu



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