Uvira : les jeunes Fuliru réunis pour réfléchir sur leur culture, la politique et l’économie locale
La Solidarité mondiale des Jeunes Fuliru (SOJEF-M) a organisé une journée de réflexion sur les défis et les perspectives des jeunes Fuliru à Uvira dans la province du Sud-Kivu (RDC). Cette rencontre a rassemblé des jeunes, des leaders de cette tribu et des acteurs locaux autour du thème central « Mufuliru, défis et pistes de solutions ».
Selon FAZILI Martin, coordinateur mondial de la SOJEF-M,
l’objectif de cette journée était d’examiner les enjeux qui structurent la vie
des jeunes Fuliru et du Mufuliru en général, à l’heure de la modernisation et
des mutations culturelles. « Vous vous
rendez compte que la jeunesse Fuliru ne maîtrise plus sa culture, ne maîtrise
plus sa coutume, et face à la modernisation, elle a perdu certains repères »,
a-t-il déclaré. Le constat ne s’arrête pas là : « Un jeune Fuliru ne maîtrise plus sa langue. Au lieu de commencer par maitriser
le Kifuliru, il privilégie le français ou l’anglais », a-t-il poursuivi,
appelant à une réappropriation de la langue et de la culture.
Le coordonnateur de la SOJEF-M a insisté sur la nécessité
d’un dialogue collectif pour préserver l’identité fuliru. « Nous devons nous rencontrer, parler autour
de cette problématique, pour que les jeunes Fuliru puissent avoir une idée sur leur
langue et leur culture », a-t-il affirmé.
La politique et
l’économie du Mufuliru
Le débat s’est ensuite élargi aux volets politique et
développement, deux axes jugés essentiels pour répondre aux défis locaux.
Sur le plan politique et civique, FAZILI Martin a déploré
une certaine démotivation chez des jeunes, qui se laissent distraire par les
réseaux sociaux plutôt que de s’intéresser à la politique locale, nationale ou
provinciale. Celui-ci appelle la jeunesse Fuliru à une redirection des
préoccupations vers « notre politique qui
nous concerne d’abord ».
À propos de l’économie locale, le tempo du discours a mis
en exergue une autre dimension des préoccupations, celle de l’importation de
biens et de productions que le Mufuliru pourrait, selon lui, développer
localement. « Nous sommes en train
d’importer du bétail alors que nous avons été de grands éleveurs, nous
importons des légumes et des fruits… et même des petites histoires que nous
devrions produire ici », a évoqué FAZILI Martin, avec une invitation à
repenser les chaînes de production locales et à réduire la dépendance
extérieure.
Notre source a souligné la nécessité d’un basculement
vers une économie plus autonome, en lien avec le territoire d’Uvira où les
populations Fuliru constituent un pourcentage significatif. « Qu’est-ce qui est arrivé pour que le
Mufuliru puisse importer ces produits ? Nous devons nous organiser pour que
l’économie du Mufuliru ne sombre pas et ne dépende pas de l’extérieur »,
a-t-il déclaré.
En fin de journée, les participants ont formulé des
recommandations destinées à guider les actions futures. FAZILI Martin a précisé
qu’un secrétariat technique était chargé de collecter et d’écrire ces
recommandations, afin que les générations actuelles et futures puissent les
lire et s’en inspirer.
Les organisateurs indiquent que l’objectif est d’assurer
une continuité intergénérationnelle, en favorisant le dialogue entre les
anciens et les jeunes et en stimulant l’appropriation d’un chemin commun pour
relever les défis identifiés.
À noter, cette activité tenue à Uvira, samedi 14 mars 2026 dans la salle Kizenga, s’inscrit dans une dynamique plus
large visant à mobiliser les jeunes Fuliru autour de questions culturelles,
politiques et économiques, afin de bâtir une jeunesse plus informée, plus
engagée et davantage autonome dans le cadre du Mufuliru et de la région
d’Uvira.
Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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