Uvira : la musique, un outil de paix et de cohésion sociale en pleine crise humanitaire
Dans un contexte marqué par l’insécurité et les défis socio-économiques, la musique s’impose comme un puissant vecteur de paix et de cohésion sociale à Uvira. C’est le message fort lancé par le représentant du Centre Culturel Tukutane Art et monsieur Evariste LUKETO à l’endroit de la jeunesse locale.
Face
à la crise humanitaire qui secoue la région, les acteurs culturels misent sur
l’art pour retisser le lien social fragilisé. La musique, en particulier,
apparaît comme un langage universel capable de rassembler au-delà des divisions
communautaires et des difficultés quotidiennes.
ALESIRE
MULUME-ODERHWA Patient, directeur du Centre Culturel Tukutane Art, a invité les
jeunes d’Uvira à rejoindre son équipe afin de valoriser leurs talents
artistiques au service de la paix. Il a insisté sur la nécessité pour la
nouvelle génération de s’impliquer dans des initiatives constructives, plutôt
que de privilégier uniquement les gains immédiats.
« Nous faisons face à plusieurs défis au sein de notre société. Cette nouvelle génération s’intéresse davantage aux affaires qui peuvent leur apporter un intérêt personnel. Un autre défi majeur est la situation économique actuelle : il est difficile de rassembler les gens pendant plusieurs heures pour leur parler de la paix, car chacun cherche avant tout à trouver son pain quotidien », a-t-il expliqué.
Selon
lui, la promotion des valeurs africaines, la solidarité et l’engagement
communautaire doivent redevenir des priorités, surtout en période de crise.
De
son côté, Evariste Loketo, acteur culturel à Accountability Lab RDC a souligné
le rôle essentiel de la musique dans les zones affectées par les conflits et
les crises humanitaires. Au-delà du divertissement, elle constitue un outil de
sensibilisation, de guérison et de transformation sociale.
Dans
un environnement marqué par les traumatismes et les incertitudes, les chansons
porteuses de messages de paix peuvent consoler les cœurs meurtris et redonner
espoir aux communautés. Les initiatives culturelles deviennent ainsi des
espaces d’expression, de dialogue et de reconstruction collective.
Il a
encouragé les entreprises culturelles et les artistes locaux à exploiter
pleinement le potentiel de la musique pour accompagner les processus de
changement social et renforcer la cohésion entre les différentes communautés
d’Uvira.
Malgré
les difficultés économiques et organisationnelles auxquelles fait face le
Centre Culturel Tukutane Art, ses responsables restent convaincus que l’art
demeure un levier incontournable pour bâtir une société plus harmonieuse.
À
Uvira, la musique ne se limite pas à un simple loisir : elle devient un
instrument de résilience, un outil d’éducation citoyenne et un pont entre les
générations. Dans une période où la crise humanitaire fragilise le tissu
social, la culture apparaît plus que jamais comme une lumière capable
d’éclairer le chemin vers la paix.
Article
rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et
exécuté à Uvira par le Consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
Rédaction
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