Uvira–Gatumba : la réouverture de la frontière soulage les populations congolaises
Après deux mois de cessation complète des activités transfrontalières entre la République démocratique du Congo et le Burundi, les populations des deux pays se réjouissent enfin de la réouverture des postes frontaliers entre Uvira et Gatumba. Fermée en raison de la crise sécuritaire qui a secoué la ville d’Uvira et ses environs, la frontière a été officiellement rouverte depuis le lundi 23 février dernier.
Durant cette période de fermeture des frontières terrestres et maritimes, les populations congolaises et burundaises ont vécu près de deux mois sans échanges ni contacts réguliers. Cette situation a eu des conséquences économiques et sociales importantes. Plusieurs responsables de ménages se sont retrouvés au chômage, tandis que la crise humanitaire s’est aggravée avec la rareté de certains produits alimentaires observée des deux côtés de la frontière.
Depuis la reprise des activités, les populations, particulièrement les petits commerçants transfrontaliers, expriment leur satisfaction face à la réouverture de ce point de passage stratégique. Lors des échanges réalisés le mercredi 11 mars 2026, plusieurs commerçants ont salué cette décision.
« Nous connaissons l’importance de cette frontière. Sa réouverture va nous aider, car les prix des marchandises pourront baisser. Même pour le transport, nous sommes soulagés », témoignent certains commerçants.
Toutefois, ces derniers demandent aux autorités provinciales de réduire le nombre de services présents à la frontière, estimant que les taxes imposées aux commerçants restent trop nombreuses.
Les personnes vivant avec handicap se réjouissent également de la reprise du trafic frontalier. Pour beaucoup d’entre elles, la traversée de la frontière constitue un moyen essentiel de subvenir aux besoins de leurs familles.
Du côté des transporteurs, la satisfaction est également visible. Les chauffeurs de taxis et de véhicules assurant la liaison entre Uvira et Bujumbura se disent heureux de reprendre leurs activités après plusieurs semaines de chômage. Selon eux, la réouverture de la frontière représente un véritable soulagement.
« La reprise du trafic entre Uvira et Bujumbura va nous permettre de retrouver des revenus pour faire vivre nos familles », expliquent-ils.
Ces chauffeurs plaident également auprès des autorités compétentes pour la réhabilitation de la route reliant Uvira au Burundi afin de faciliter la circulation et sécuriser davantage le transport transfrontalier.
Interrogé par la rédaction de Habari za Mahali, monsieur. Muzaliwa Kachu, commandant de brigade à la Direction générale des douanes et accises (DGDA), a souligné l’importance économique de ce poste frontalier. Selon lui, la frontière Uvira-Gatumba constitue l’un des piliers majeurs de l’économie régionale.
Il précise que sa réouverture a un impact économique positif sur les échanges transfrontaliers entre les populations des deux pays, notamment grâce à la reprise de la libre circulation des produits de première nécessité, des denrées alimentaires et des biens manufacturés.
Toujours selon cette source, cette mesure répond également aux préoccupations sécuritaires des communautés locales affectées par les restrictions antérieures et contribue à améliorer le panier ménager des populations.
Article rédigé dans le cadre du projet Habari Za Mahali, financé par La Benevolencija Grands Lacs et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
La Rédaction
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