Economie

LPA
lpa | 06 juin 2026 | 87 vues

Sud-Kivu : une étude met en lumière le rôle clé du financement participatif dans la croissance des PME

Le financement participatif constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers de croissance des petites et moyennes entreprises (PME) au Sud-Kivu, dans un contexte marqué par un accès limité aux financements bancaires classiques. C’est l’une des principales conclusions d’une recherche doctorale présentée à Uvira ce vendredi 5 juin 2026, lors d’une conférence scientifique animée par Mme Eugénie Furaha Kazinguvu, doctorante en sciences économiques et de gestion à l’Université du Burundi.

Intitulée « Le financement participatif et la croissance des petites et moyennes entreprises au Sud-Kivu : le rôle modérateur du propriétaire d’origine et de l’environnement turbulent », cette étude s’est intéressée aux facteurs qui influencent la performance des PME dans les villes de Bukavu et d’Uvira.

Selon la chercheuse, les résultats démontrent que l’aptitude du propriétaire-fondateur constitue le facteur le plus déterminant dans la croissance d’une entreprise. « Le propriétaire d’origine est le pionnier et l’élément le plus solide pour faire progresser l’entreprise », a-t-elle expliqué, soulignant l’importance des compétences entrepreneuriales dans la mobilisation et la gestion des financements participatifs.

L’étude révèle également que plusieurs contraintes externes freinent l’expansion des PME. Parmi celles-ci figurent notamment la pression fiscale et les risques liés à un environnement économique instable. Malgré ces difficultés, les entrepreneurs font preuve de résilience et développent des stratégies d’adaptation pour maintenir leurs activités.

Les conclusions de cette recherche rejoignent d’ailleurs celles d’autres études menées dans plusieurs pays africains, notamment au Sénégal, au Maroc et au Ghana, où les défis liés à l’environnement des affaires restent similaires.

Dans ses recommandations, Mme Kazinguvu invite les entrepreneurs à s’appuyer sur les résultats de cette recherche afin d’améliorer leurs performances. Elle appelle également les pouvoirs publics à accélérer la digitalisation financière, condition essentielle au développement du financement participatif, qui repose largement sur des transactions numériques. La chercheuse plaide en outre pour un meilleur encadrement réglementaire de ce mode de financement émergent.

Présent à cette conférence, Sophonie Bahabwa, enseignant à l’Institut Supérieur de Commerce d’Uvira (ISC-Uvira), a salué la qualité scientifique du travail présenté. Il a notamment mis en avant la pertinence du modèle économique et de l’approche méthodologique adoptés.

Pour l’universitaire, les résultats obtenus reflètent fidèlement les réalités vécues par les entrepreneurs du Sud-Kivu. Il souligne que le financement participatif est devenu une alternative privilégiée pour de nombreux opérateurs économiques confrontés aux difficultés d’accès aux crédits bancaires ou aux limites des institutions de microfinance.

« Les financements provenant des proches, des amis ou des membres de la famille constituent aujourd’hui une source importante de soutien pour les entrepreneurs locaux », a-t-il observé.

M. Bahabwa recommande désormais une large diffusion des résultats de cette recherche auprès des entrepreneurs de la région afin de favoriser l’adoption de pratiques innovantes, notamment dans le domaine de la digitalisation des activités économiques et de la gestion entrepreneuriale.

Cette étude intervient dans un contexte où les PME demeurent un moteur essentiel de l’économie locale et où la recherche de solutions de financement adaptées reste un enjeu majeur pour le développement économique du Sud-Kivu.

 

Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu



0 Commentaire :



Laissez votre commentaire