Sud-Kivu : une étude met en lumière le rôle clé du financement participatif dans la croissance des PME
Le financement participatif constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers de croissance des petites et moyennes entreprises (PME) au Sud-Kivu, dans un contexte marqué par un accès limité aux financements bancaires classiques. C’est l’une des principales conclusions d’une recherche doctorale présentée à Uvira ce vendredi 5 juin 2026, lors d’une conférence scientifique animée par Mme Eugénie Furaha Kazinguvu, doctorante en sciences économiques et de gestion à l’Université du Burundi.
Intitulée « Le financement participatif et la croissance
des petites et moyennes entreprises au Sud-Kivu : le rôle modérateur du
propriétaire d’origine et de l’environnement turbulent », cette étude s’est
intéressée aux facteurs qui influencent la performance des PME dans les villes
de Bukavu et d’Uvira.
Selon la chercheuse, les
résultats démontrent que l’aptitude du propriétaire-fondateur constitue le
facteur le plus déterminant dans la croissance d’une entreprise. « Le propriétaire d’origine est le pionnier et
l’élément le plus solide pour faire progresser l’entreprise », a-t-elle
expliqué, soulignant l’importance des compétences entrepreneuriales dans la
mobilisation et la gestion des financements participatifs.
L’étude révèle également que
plusieurs contraintes externes freinent l’expansion des PME. Parmi celles-ci
figurent notamment la pression fiscale et les risques liés à un environnement
économique instable. Malgré ces difficultés, les entrepreneurs font preuve de
résilience et développent des stratégies d’adaptation pour maintenir leurs
activités.
Les conclusions de cette
recherche rejoignent d’ailleurs celles d’autres études menées dans plusieurs
pays africains, notamment au Sénégal, au Maroc et au Ghana, où les défis liés à
l’environnement des affaires restent similaires.
Dans ses recommandations, Mme
Kazinguvu invite les entrepreneurs à s’appuyer sur les résultats de cette
recherche afin d’améliorer leurs performances. Elle appelle également les
pouvoirs publics à accélérer la digitalisation financière, condition
essentielle au développement du financement participatif, qui repose largement
sur des transactions numériques. La chercheuse plaide en outre pour un meilleur
encadrement réglementaire de ce mode de financement émergent.
Présent à cette conférence,
Sophonie Bahabwa, enseignant à l’Institut Supérieur de Commerce d’Uvira
(ISC-Uvira), a salué la qualité scientifique du travail présenté. Il a
notamment mis en avant la pertinence du modèle économique et de l’approche
méthodologique adoptés.
Pour l’universitaire, les
résultats obtenus reflètent fidèlement les réalités vécues par les
entrepreneurs du Sud-Kivu. Il souligne que le financement participatif est
devenu une alternative privilégiée pour de nombreux opérateurs économiques
confrontés aux difficultés d’accès aux crédits bancaires ou aux limites des
institutions de microfinance.
« Les financements provenant des proches, des amis ou des membres de la
famille constituent aujourd’hui une source importante de soutien pour les
entrepreneurs locaux », a-t-il observé.
M. Bahabwa recommande désormais
une large diffusion des résultats de cette recherche auprès des entrepreneurs
de la région afin de favoriser l’adoption de pratiques innovantes, notamment
dans le domaine de la digitalisation des activités économiques et de la gestion
entrepreneuriale.
Cette étude intervient dans un
contexte où les PME demeurent un moteur essentiel de l’économie locale et où la
recherche de solutions de financement adaptées reste un enjeu majeur pour le
développement économique du Sud-Kivu.
Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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