Lubero : des acteurs locaux outillés pour renforcer les mécanismes de protection des civils
Un atelier de trois jours visant à améliorer les mécanismes locaux de réponse aux alertes de protection des civils s'est clôturé samedi 6 juin 2026 à Lubero, dans la province du Nord-Kivu.
Cette activité a réuni des représentants de la société civile, des autorités politico-administratives, des services de sécurité ainsi que des acteurs communautaires engagés dans la protection des populations.
Mise en œuvre par Great Lakes Human Rights Program (GLHRP) avec l'appui technique et financier de la section des Affaires civiles de la MONUSCO/Beni, cet atelier avait pour objectif de renforcer les capacités des acteurs locaux sur l'appropriation progressive des mécanismes et outils de protection communautaire, dans un contexte marqué par la transition et les défis sécuritaires persistants.
Protection des civils et gestion des alertes
Au cours des travaux, plusieurs intervenants ont insisté sur l'importance des systèmes communautaires d'alerte précoce dans la prévention des menaces contre les civils.
Le coordonnateur de GLHRP, Maître Jackson Kisenga, a notamment développé le thème relatif au monitoring des violations des droits humains et au rôle des fournisseurs d'alertes.
Selon lui, une alerte bien documentée et transmise à temps constitue un outil essentiel pour prévenir les abus et orienter les interventions de protection.
L'orateur est également revenu sur le rôle de la MONUSCO dans le contexte sécuritaire actuel. Il a rappelé les dispositions des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies. La première exige notamment un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, le retrait du M23 des zones occupées ainsi que l'arrêt de tout soutien extérieur au mouvement rebelle. La seconde renouvelle le mandat de la MONUSCO et réaffirme sa mission de protection des civils et d'appui aux autorités congolaises.
Pour Maître Jackson Kisenga, « la MONUSCO a contribué à freiner l'hémorragie sécuritaire dans plusieurs zones affectées par le conflit ».
Désinformation, insécurité et Ebola au menu
Parmi les thématiques abordées figurait également l'identification des principales menaces de protection. Dans son exposé, Bwanakawa Martin, inspecteur provincial adjoint de la territoriale au Nord-Kivu, a cité l'insécurité persistante comme l'un des principaux défis auxquels font face les communautés.
De son côté, le professeur Patayo Charles, de l'Université Sainte-Croix de Mulo, a sensibilisé les participants aux risques liés à la mésinformation, à la désinformation, aux rumeurs et aux discours de haine, souvent à l'origine de tensions communautaires et de problèmes sécuritaires.
La question sanitaire également abordée
Le docteur Kaviri Charles, médecin chef de zone de santé de Lubero, a présenté les causes, les modes de transmission et les mesures de prévention de la maladie à virus Ebola, alors que plusieurs provinces de l'Est du pays restent sous surveillance sanitaire.
Des participants satisfaits
Au terme de l'atelier, plusieurs participants ont exprimé leur satisfaction.
« Je vais restituer les connaissances acquises auprès de mes collaborateurs afin qu'elles profitent à un plus grand nombre de personnes », a déclaré Vivalya Bosho Scholastique, cheffe du service Genre, Famille et Enfant.
Pour John Binakosa, président du Comité local de protection de Kirumba, la formation a permis de mieux comprendre le rôle des alertes communautaires dans la protection des populations.
« J'ai compris qu'une alerte bien transmise est une vie sauvée. Aujourd'hui, la protection civile dispose d'un cadre légal grâce au décret n°24/01 du 12 février 2024. Toutefois, plusieurs défis restent à relever sur le terrain » , a-t-il affirmé.
Même engagement du côté de Kasonia Jackson, président de la société civile de Kipese :
« Les techniques apprises durant cette formation vont améliorer notre manière de collecter et de transmettre les alertes de protection », se réjouit Kasonia
Une dynamique qui se poursuit
Cet atelier intervient un jour seulement après une autre session organisée dans la même salle sur le renforcement des mécanismes communautaires d'alerte précoce et de protection à travers les échanges d'expériences entre facilitateurs des comités locaux de protection, observateurs communautaires et leaders de la société civile.
La cérémonie de clôture a été présidée, au nom de l'administrateur militaire du territoire de Lubero, par son assistant juridique, Guellor Mukele, qui a appelé les participants à mettre en pratique les acquis de la formation au bénéfice des communautés locales.
Irave Wavomundu - LPA Lubero
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