Sud-Kivu : la Zone de santé de Kalonge intègre les officines privées dans la surveillance contre Ebola
Face au risque élevé de propagation de la maladie à virus Ebola, le Bureau central de la zone de santé (BCZ) de Kalonge a engagé les officines pharmaceutiques privées dans le dispositif de surveillance sanitaire. Une réunion de sensibilisation et de régulation du secteur s’est tenue jeudi 4 juin sous la conduite du médecin-chef de zone, le Dr David Mulongo Musafiri.
Cette rencontre visait à
assainir le secteur pharmaceutique privé et à renforcer son implication dans la
protection de la santé publique. Les autorités sanitaires entendent faire des
officines des partenaires conformes aux normes en vigueur et pleinement
intégrés au système de surveillance épidémiologique.
Au cours des échanges, trois
principales mesures ont été présentées aux gestionnaires d’officines. La
première concerne l’interdiction de toute administration de soins ou
observation de patients dans les pharmacies, conformément au Code de
déontologie pharmaceutique en République démocratique du Congo.
La deuxième mesure porte sur
la lutte contre l’automédication. Les responsables sanitaires ont rappelé que
la vente de médicaments sans évaluation médicale préalable, notamment en cas de
fièvre ou de symptômes infectieux, est proscrite conformément aux recommandations
du ministère de la Santé et de l’Organisation mondiale de la santé.
La troisième exigence concerne
la notification rapide des cas suspects. Toute personne présentant une fièvre
brutale, des saignements, des diarrhées ou des vomissements devra être
immédiatement signalée et orientée vers la structure sanitaire la plus proche.
Concernant spécifiquement les
cas suspects d’Ebola, le Dr David Mulongo Musafiri a insisté sur leur
référencement systématique vers un centre de santé ou vers l’Hôpital Général de
Référence de Kalonge. Aucun traitement ambulatoire ne devra être entrepris dans
les officines, conformément au protocole national de prise en charge des
fièvres hémorragiques virales.
Dans le cadre de
l’accompagnement des pharmaciens, le BCZ prévoit la distribution en urgence des
fiches officielles de définition des cas Ebola ainsi que des contacts de la
cellule d’alerte. Par ailleurs, l’Équipe Cadre de Zone (ECZ) annonce le
lancement, dès juillet 2026, d’inspections inopinées dans les officines. Les
autorités préviennent que toute structure surprise en train de garder un
patient en observation ou d’administrer des perfusions s’exposera à une
fermeture immédiate ainsi qu’à des poursuites judiciaires.
Les participants ont salué
cette initiative qu’ils considèrent comme une démarche nécessaire pour
renforcer la sécurité sanitaire de la population. Sous couvert d’anonymat, un
responsable d’officine a plaidé pour l’identification systématique de toutes
les pharmacies de la zone et un contrôle accru des compétences des exploitants.
Selon lui, le contexte
d’alerte lié à Ebola impose davantage de rigueur dans l’exercice de la
profession pharmaceutique. Il estime que les mesures prises par le BCZ de
Kalonge traduisent une volonté de respecter l’éthique et la déontologie tout en
consolidant la lutte contre Ebola et d’autres maladies à potentiel épidémique
dans la région.
Hobereau KITUMAINI – LPA Sud-Kivu
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