Justice militaire à Uvira : "Qu'il soit Wazalendo ou FARDC, fini la récréation"
Après plusieurs mois de suspension due à l’instabilité sécuritaire liée à la rébellion de l’AFC-M23, le tribunal militaire de garnison d’Uvira a officiellement repris ses audiences ce jeudi 30 avril 2026. Ceci marque une étape importante dans le rétablissement de l’autorité de l’État et de l’ordre judiciaire dans cette deuxième ville de la province du Sud-Kivu chef-lieu provisoire des institutions de la province, à l’Est de la RDC.
Cette reprise est accueillie avec soulagement par la
population locale, longtemps confrontée à un vide judiciaire. « Nous sommes ravis, parce que cela prouve que
l’autorité de l’État se rétablit. La justice va nous aider à éradiquer la
délinquance et restaurer l’État de droit », témoigne Kiza Mugingi, un jeune
d’Uvira. Pour lui, ce retour des audiences constitue également un message fort
à l’endroit des auteurs d’infractions : « Fini
la récréation pour ceux qui agissaient en dehors de la loi ».
Les acteurs de la société civile partagent cet optimisme
prudent. Me Ghislain Barhahiga Kabamba, défenseur judiciaire, souligne que
l’absence prolongée des juridictions avait favorisé l’impunité, dans un
contexte marqué par des violations graves des droits humains, notamment des
assassinats, viols, vols et actes de torture. « Désormais, qu’il s’agisse de militaires FARDC, de Wazalendo ou de
policiers, toute infraction sera sanctionnée », affirme-t-il.
Du côté des autorités, la reprise des audiences est
présentée comme une priorité stratégique. Gaston Esango, directeur de cabinet
du ministre de la Justice et garde des sceaux, évoque « un motif de joie et de
responsabilité », rappelant que le retour de la justice militaire était une
urgence dans cette zone encore sous tension. Il annonce également la relance
progressive des juridictions civiles, notamment le tribunal de paix et le
tribunal de grande instance.
Pour cette première audience de réouverture, deux
dossiers étaient inscrits à l’extrait de rôle : celui d’un chef Muzalendo,
poursuivi pour tentative de meurtre et outrage à magistrat, et celui d’un
officier des FARDC accusé de coups et blessures volontaires ayant entraîné la
mort. Après audition des parties civiles et du ministère public, les affaires
ont été renvoyées respectivement aux 5 et 12 mai prochains.
Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
Merci pour la reprise infiniment pour la reprise de justice militaire. Inspecteur Territorial des sociétés civiles MSCO-KALEHE signe.