Insécurité à Idjwi : la société civile dénonce des morts à répétition et propose les voies de sortie
Le noyau territorial de la société civile du territoire d’Idjwi peint un tableau critique de la situation sécuritaire dans les chefferies Ntambuka et Rubenga marqué par les découvertes répétées des corps sans vie, les vindictes populaires et la détérioration de la cohésion sociale.
Jadis considérée comme "havre de paix" en province du Sud-Kivu, l'île d'Idjwi perd petit à petit cette réputation, alerte la société civile.
Lors de son point de presse, Koko Bahagaze Dorcel, présidente du noyau territorial de la société civile d’Idjwi avec le soutien de la coordination provinciale, elle dénonce la multiplication des cas de meurtre, la montée des vindictes populaires et l’existence d'un réseaux criminel opérant dans plusieurs villages comme Kabuye, Casi, Muhyahya, Chamahiri, Muhungwe et Buhoro.
La société civile d'Idjwi parle des corps sans vie retrouvés ces derniers mois des villages avec des traces d’étranglement communément appelé " système Kabanga ". Ce phénomène est décrié depuis un long moment même si aucune enquête officielle n’a encore permis d’identifier clairement les responsables et fixer l'opinion publique.
"Depuis le debut de l'année 2025, quinze cas ont été enregistrés dont 10 dans la chefferie de Ntambuka et cinq dans la chefferie Rubenga", précise Dorcel Bahagaze.
Elle déplore également l’impunité qui entoure plusieurs cas dont les suspects arrêtés auraient été relâchés sans que la population ne soit informée de la conclusion des enquêtes que mènent les autorités. Une situation qui, selon la sociétécivile, alimente la méfiance envers la justice et favorise la propagation d'actes de justices populaires.
" Des personnes accusées de sorcellerie, d’empoisonnement ou encore de meurtre sont parfois lynchées, brûlées vives ou leurs maisons incendiées par des groupes d'enfants et jeunes mineurs souvent sous effets de la drogue. Ces violences touchent parfois des familles entières et créent des tentions sociales ", rappelle la société civile.
Le noyau de la société civile d’Idjwi appelle les autorités judiciaires et sécuritaires à renforcer les enquêtes, lutter contre l’impunité et restaurer la confiance de la population envers la justice. Il invite également les leaders religieux, les enseignants et les organisations locales à multiplier les campagnes de sensibilisation contre les justices populaires et les accusations sans preuve de sorcellerie.
Dorcel Bahagaze, invite aussi les partenaires techniques et financiers à appuyer les organisations de la société civile pour mener des campagnes de sensibilisation en faveur de la population sur la cohésion sociale ainsi que sur les droits et devoirs afin de lutter contre cette insécurité.
Richelieu Byamana - LPA Sud-Kivu
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