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lpa | 18 mai 2026 | 204 vues

À la une : à Uvira, plus de 1 800 emplois menacés par une possible délocalisation des travaux du PFCIGL

L’inquiétude grandit dans le territoire d’Uvira après des informations faisant état d’une possible délocalisation et résiliation des contrats liés au projet de facilitation du commerce et intégration dans la région des Grands Lacs (PFCIGL), financé par la Banque mondiale. Plus de 1 800 emplois, majoritairement destinés aux jeunes, seraient aujourd’hui menacés dans la plaine de la Ruzizi.

Les travaux concernés portent notamment sur la construction des postes frontaliers de Nyamoma, à l’est de la cité de Sange, de Rubenga dans le groupement d’Itara-Luvungi, ainsi que celui de Kiliba. Pour plusieurs habitants, ces infrastructures représentaient une opportunité majeure de développement économique et de relance du commerce transfrontalier entre la RDC et le Burundi.

Le président du Conseil territorial de la jeunesse d’Uvira, Plaisir Assani, déplore une situation susceptible d’aggraver le chômage dans une région déjà fragilisée par plusieurs années d’insécurité.

« Ces travaux faisaient déjà naître un espoir de développement dans notre territoire, notamment à travers l’emploi des jeunes et la facilitation des échanges commerciaux pour les petits commerçants de Sange, Luvungi et Kiliba », affirme-t-il.

Pour les acteurs locaux, le motif sécuritaire évoqué pour justifier une éventuelle délocalisation ne tient plus, après le retrait des rebelles de l’AFC/M23 dans plusieurs zones du territoire d’Uvira et le rétablissement progressif de l’autorité de l’État.

Selon le président du CTJ Uvira, la modernisation de ces postes frontaliers devait renforcer les échanges commerciaux entre le Burundi et la RDC, tout en créant des opportunités d’emploi directes et indirectes pour la population de la plaine de la Ruzizi.

Face à cette situation, des mouvements citoyens et organisations de la société civile appellent à une mobilisation populaire. Une marche pacifique initiée par la Nouvelle société civile congolaise est annoncée à Sange ce mardi 19 mai pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une « injustice et une provocation » envers le territoire d’Uvira.

Jusqu’à présent, les responsables du PFCIGL n’ont pas encore communiqué officiellement pour confirmer ou infirmer les informations sur une éventuelle délocalisation des projets.

Entre-temps, des voix politiques se sont également élevées contre cette perspective. Le député national Claude Misare a saisi le ministre du Commerce extérieur afin de dénoncer la résiliation des contrats et de demander la reprise des travaux à Uvira.

Dans sa correspondance, l’élu rappelle que le PFCIGL constitue un outil stratégique de relance économique, de stabilisation sociale et de reconstruction post-conflit dans une région longtemps affectée par les violences armées et les tensions communautaires.

 

Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu



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