Uvira : plus de neuf morts et une vingtaine de blessés en un mois malgré les mesures de la mairie
La Nouvelle société civile congolaise (NSCC) du Sud Sud-Kivu alerte sur la dégradation persistante de la situation sécuritaire à Uvira, où plus de neuf personnes ont été tuées et vingt-et-une autres blessées par balles entre le 1ᵉʳ et le 31 juillet 2026.
Selon le coordinateur provincial de
cette structure citoyenne, MAFIKIRI MASHIMANGO Martin, dans une interview
accordée à LA PRESSE AFRICAINE ce lundi 3 août 2026, les communes de Mulongwe
et Kalundu restent l’épicentre de la dégradation de la situation sécuritaire
dans cette ville, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu (RDC).
« La population est déjà fatiguée par rapport aux cas des blessés par
balles et au nombre de morts enregistrés », a-t-il déclaré, précisant que
le bilan pourrait être plus lourd en raison de plusieurs cas qui n’auraient pas
été documentés.
Selon lui, quatre des victimes recensées
ont été tuées par balles, d’autres corps ont été retrouvés au bord du lac
Tanganyika ou le long de la rivière Mulongwe. Parmi eux, deux corps sans tête ont
été découverts en juillet, un phénomène que la société civile qualifie de
nouveau et préoccupant dans la ville d’Uvira, tout en rappelant qu’un autre
corps sans tête avait également été retrouvé sur la rivière Mulongwe en fin juin.
La nuit du samedi 1ᵉʳ au
dimanche 2 août a encore été marquée par des incidents. Un jeune a été atteint
par balle à Kasenga et une femme a été blessée à Mulongwe. Tous deux ont été
admis à l’hôpital, tandis qu’un corps sans vie a été retrouvé à Kasenga, a
rapporté M. MAFIKIRI MASHIMANGO.
Face à cette insécurité, la NSCC
appelle les autorités nationales, provinciales et locales à prendre des mesures
concrètes pour protéger les personnes et leurs biens. Son coordinateur dénonce
notamment le manque d’équipements des services de sécurité, notamment la PNC à
Uvira.
« Même la police n’a pas d’armes suffisantes pour sécuriser la population
ni de véhicules d’intervention rapide », a-t-il regretté.
Pour tenter de faire à cette dégradation
de la situation sécuritaire, le 23 juillet dernier, le maire d’Uvira, KIZA
MUHATO, avait ordonné l’arrêt de plusieurs activités socio-économiques à partir
de minuit, notamment les bars, restaurants, boîtes de nuit, taxis, motos,
Bajaj, veillées nocturnes et kermesses. Les contrevenants s’exposaient, selon
le communiqué municipal, « à la rigueur de la loi ».
Mais pour la société civile, cette
mesure ne répond pas à la gravité de la situation. « La mairie a tapé à côté », estime M. MAFIKIRI MASHIMANGO,
soulignant que les récentes attaques se sont produites entre 19 heures et 21
heures, bien avant l’heure fixée par l’autorité urbaine.
La NSCC demande ainsi une réponse
sécuritaire mieux structurée et appelle la population à continuer de dénoncer
les auteurs présumés des crimes auprès des services compétents, malgré le
déficit de moyens dont souffrent ces derniers.
Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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