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lpa | 03 août 2026 | 241 vues

Uvira : plus de neuf morts et une vingtaine de blessés en un mois malgré les mesures de la mairie

La Nouvelle société civile congolaise (NSCC) du Sud Sud-Kivu alerte sur la dégradation persistante de la situation sécuritaire à Uvira, où plus de neuf personnes ont été tuées et vingt-et-une autres blessées par balles entre le 1ᵉʳ et le 31 juillet 2026.

Selon le coordinateur provincial de cette structure citoyenne, MAFIKIRI MASHIMANGO Martin, dans une interview accordée à LA PRESSE AFRICAINE ce lundi 3 août 2026, les communes de Mulongwe et Kalundu restent l’épicentre de la dégradation de la situation sécuritaire dans cette ville, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu (RDC).

« La population est déjà fatiguée par rapport aux cas des blessés par balles et au nombre de morts enregistrés », a-t-il déclaré, précisant que le bilan pourrait être plus lourd en raison de plusieurs cas qui n’auraient pas été documentés.

Selon lui, quatre des victimes recensées ont été tuées par balles, d’autres corps ont été retrouvés au bord du lac Tanganyika ou le long de la rivière Mulongwe. Parmi eux, deux corps sans tête ont été découverts en juillet, un phénomène que la société civile qualifie de nouveau et préoccupant dans la ville d’Uvira, tout en rappelant qu’un autre corps sans tête avait également été retrouvé sur la rivière Mulongwe en fin juin.

La nuit du samedi 1ᵉʳ au dimanche 2 août a encore été marquée par des incidents. Un jeune a été atteint par balle à Kasenga et une femme a été blessée à Mulongwe. Tous deux ont été admis à l’hôpital, tandis qu’un corps sans vie a été retrouvé à Kasenga, a rapporté M. MAFIKIRI MASHIMANGO.

Face à cette insécurité, la NSCC appelle les autorités nationales, provinciales et locales à prendre des mesures concrètes pour protéger les personnes et leurs biens. Son coordinateur dénonce notamment le manque d’équipements des services de sécurité, notamment la PNC à Uvira.

« Même la police n’a pas d’armes suffisantes pour sécuriser la population ni de véhicules d’intervention rapide », a-t-il regretté.

Pour tenter de faire à cette dégradation de la situation sécuritaire, le 23 juillet dernier, le maire d’Uvira, KIZA MUHATO, avait ordonné l’arrêt de plusieurs activités socio-économiques à partir de minuit, notamment les bars, restaurants, boîtes de nuit, taxis, motos, Bajaj, veillées nocturnes et kermesses. Les contrevenants s’exposaient, selon le communiqué municipal, « à la rigueur de la loi ».

Mais pour la société civile, cette mesure ne répond pas à la gravité de la situation. « La mairie a tapé à côté », estime M. MAFIKIRI MASHIMANGO, soulignant que les récentes attaques se sont produites entre 19 heures et 21 heures, bien avant l’heure fixée par l’autorité urbaine.

La NSCC demande ainsi une réponse sécuritaire mieux structurée et appelle la population à continuer de dénoncer les auteurs présumés des crimes auprès des services compétents, malgré le déficit de moyens dont souffrent ces derniers.

 

Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu



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