Uvira : Kinshasa, la Banque mondiale et l'UNOPS appelés à relancer les travaux du pont de Shange
La population du groupement Kabunambo, dans la chefferie Plaine de la Ruzizi en territoire d’Uvira (Sud-Kivu), a adressé un mémorandum aux autorités politico-administratives de la République démocratique du Congo ainsi qu’aux partenaires au développement, notamment la Banque mondiale, l’UNOPS et les structures de mise en œuvre des projets, pour réclamer la reprise des travaux d’achèvement du pont de Shange à Kigurwe.
Uvira : Kinshasa, la banque mondiale et l'UNOPS interpellés pour la reprise des travaux du pont de Shange
La population du groupement Kabunambo, dans la chefferie Plaine de la Ruzizi en territoire d’Uvira (Sud-Kivu), a adressé un mémorandum aux autorités politico-administratives de la République démocratique du Congo ainsi qu’aux partenaires au développement, notamment la Banque mondiale, l’UNOPS et les structures de mise en œuvre des projets, pour réclamer la reprise des travaux d’achèvement du pont de Shange à Kigurwe.
Réunis en assemblée communautaire ce 13 juillet 2026, les habitants ont exprimé leur inquiétude face à la suspension prolongée de ce projet d’infrastructure qu’ils considèrent comme essentiel au développement local. Selon eux, ce pont représente un maillon stratégique pour relier plusieurs localités du groupement Kabunambo à la cité de Sange, favoriser les échanges économiques, renforcer la cohésion sociale et contribuer au désenclavement de cette partie de la plaine de la Ruzizi.
Dans leur mémorandum dont une copie est parvenue à la rédaction de La Presse africaine, les signataires rappellent que l’entreprise chargée des travaux avait été invitée, en octobre 2024, à mobiliser les matériaux nécessaires au chantier. Toutefois, la détérioration de la situation sécuritaire dans la région aurait entraîné l’abandon du site, la perte de plusieurs équipements ainsi que des difficultés entre l’entreprise et certains fournisseurs.
La population affirme avoir été surprise par des conclusions attribuant aux communautés locales la responsabilité de vols de matériaux entreposés sur le chantier. Elle rejette catégoriquement ces accusations, estimant qu’elles ne reflètent pas la réalité du terrain et risquent de compromettre définitivement la finalisation d’un ouvrage jugé vital pour la région.
Les habitants rappellent également qu’une mission de réévaluation avait été menée en juillet 2025 sous l’égide des structures concernées. Ils s’interrogent aujourd’hui sur les raisons pour lesquelles le Programme intégré de croissance agricole dans les Grands Lacs (PICAGL) a relancé certaines activités en territoire d'Uvira alors que le pont de Shange demeure exclu des travaux relancés.
Pour la communauté locale, cette infrastructure constitue non seulement un facteur de développement économique, mais aussi une source d’emplois pour les jeunes et les femmes ainsi qu’un symbole de reconstruction après plusieurs années marquées par l’insécurité.
Dans leurs recommandations, les habitants demandent au ministère national des Infrastructures et Travaux publics de diligenter une expertise indépendante sur les circonstances ayant conduit à la suspension des travaux. Ils sollicitent également l’implication de la Banque mondiale, de l’UNOPS et du Programme national de développement agricole afin de réexaminer le dossier et d’envisager la finalisation de l’ouvrage.
La population appelle enfin le gouvernement provincial du Sud-Kivu, les députés nationaux et provinciaux élus d’Uvira ainsi que les partenaires techniques et financiers à effectuer une mission d’évaluation sur le terrain afin de constater l’évolution de la situation sécuritaire et de prendre des décisions fondées sur des faits vérifiés.
Trois mois après le retrait des rebelles de l'AFC-M23 de la zone et le rétablissement progressif de l’autorité de l’État, les habitants de Kabunambo disent garder l’espoir de voir les travaux reprendre.
Ils estiment que l’achèvement du pont de Shange contribuerait à la consolidation de la paix, à la relance de l’économie locale et à l’amélioration durable des conditions de vie des populations locales.
Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu
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