Uvira : face au chômage, les jeunes diplômés appelés à se tourner vers l’entrepreneuriat
Dans la ville et le territoire d’Uvira, de nombreux jeunes poursuivent leurs études avec l’espoir d’obtenir un emploi stable. Pourtant, une fois leurs diplômes en main, beaucoup se retrouvent confrontés à une réalité difficile : le manque d’opportunités sur le marché du travail.
Diplômés de l’enseignement secondaire ou des universités,
plusieurs jeunes peinent aujourd’hui à décrocher un emploi. Faute
d’opportunités suffisantes, certains se tournent vers de petits métiers pour
survivre, souvent dans des conditions précaires et avec des revenus instables.
Selon Fazili Ruziba Patient, inspecteur du travail et
chef intérimaire de l’inspection du travail à Uvira, la situation du chômage
des jeunes devient préoccupante dans la région. Dans une interview accordée à
notre rédaction ce lundi 9 mars 2026, il estime que près de 80 % des jeunes
dans la ville et le territoire d’Uvira sont actuellement sans emploi.
« Plusieurs jeunes
diplômés éprouvent des difficultés à accéder au marché de l’emploi en raison
des nombreuses conditions exigées par certains employeurs dans les offres
d’embauche », explique-t-il.
Parmi ces exigences figurent notamment l’expérience
professionnelle ou des qualifications supplémentaires, des critères souvent
difficiles à remplir pour des jeunes fraîchement sortis des établissements
scolaires et universitaires. Pour tenter de réduire ce phénomène, l’inspecteur
du travail invite les employeurs à revoir certaines conditions de recrutement
afin de donner davantage de chances aux jeunes diplômés.
Face à cette situation, certains acteurs locaux
encouragent également les jeunes à développer l’esprit entrepreneurial. C’est
notamment l’avis de Robert Mayani Tumaini, directeur de l’entreprise TUMARO et
jeune entrepreneur basé à Uvira. Pour lui, la création d’activités génératrices
de revenus constitue une alternative importante face à la rareté des emplois
formels.
« Les jeunes ne
doivent pas toujours attendre d’être embauchés. Ils doivent aussi développer
l’esprit de créativité et devenir porteurs de solutions aux problèmes de la
société », affirme-t-il. Selon cet entrepreneur, la République démocratique
du Congo dispose d’importantes ressources naturelles pouvant servir de base à
la création d’entreprises.
« L’eau, l’air, le
sol et le sous-sol constituent des richesses qui peuvent être exploitées pour
développer des initiatives économiques », ajoute-t-il.
Dans un contexte marqué par l’insuffisance d’emplois
formels, plusieurs observateurs estiment que la promotion de l’entrepreneuriat,
combinée à un meilleur accompagnement des jeunes par les autorités publiques et
les partenaires de développement, pourrait contribuer à réduire le chômage et
stimuler l’économie locale.
Article produit dans le cadre de la campagne HABARI ZA MAHALI exécutée par le consortium UNPC-UFMP-COMEL sous le financement de Labenevolenciya.
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