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Uvira, dévastée par des actes de barbarie de certains militaires FARDC : voici les obligations que l’État congolais a manquées

La situation à Uvira, dans la province du Sud-Kivu depuis le 14 février 2025, est devenue alarmante suite à des actes de violence perpétrés par certains éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

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Par LPA-OP

26 février 2025 • visibility 662 vues

Uvira, dévastée par des actes de barbarie de certains militaires FARDC : voici les obligations que l’État congolais a manquées

La situation à Uvira, dans la province du Sud-Kivu depuis le 14 février 2025, est devenue alarmante suite à des actes de violence perpétrés par certains éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Selon Me Ghislain Barahiga Kabamba, défenseur des droits et directeur de l’Observatoire droits, justice et gouvernance locale lors d’une interview à La Presse africaine ce 25 février, ces comportements, qui incluent des destructions, des pillages et des incendies, constituent des infractions graves selon la législation pénale congolaise.

Tout condamnant ces actes de barbarie, celui-ci souligne qu’« il est impératif de documenter ces faits ». « Nous avons toujours affirmé qu'il n'y a pas de mauvaise troupe, mais uniquement de mauvais chefs. Il est crucial de déterminer qui était à la tête des éléments des FARDC impliqués dans ces atrocités afin que les responsables soient tenus pour compte », a-t-il déclaré.

La situation s’est aggravée lorsque des autorités locales ont fui la ville, à l’exception du maire adjoint de la ville qui assume l’intérim du maire, monsieur Kifara Kapenda Kik’y, et du commandant secteur a.i le colonel Romain Mondonga, laissant la population à la merci de militaires indisciplinés. « L'absence des autorités a créé un vide qui a permis aux militaires de commettre ces actes inacceptables », a-t-il ajouté.

Actuellement, aucune juridiction n'est fonctionnelle à Uvira, que ce soit les tribunaux des droits communs, parce que les autorités judiciaires de ces tribunaux ont pris la poudre d'escampette, abandonnant la juridiction dans le néant. 

Dans le même temps, Chako Changu Bonne Année Ebambe, un acteur social d’Uvira interrogé par La Presse africaine, a révélé l'ampleur des dégâts. « Environ 20 000 éléments des FARDC et de la Police nationale congolaise (PNC) ont vandalisé des institutions essentielles, y compris le palais de justice, le tribunal de paix et le tribunal militaire d’Uvira », a-t-il précisé. Des bâtiments tels que le centre de recherche en hydrobiologie, le bureau de la Direction générale des migrations (DGM), le bureau de la mairie, de la CENI, de la police, pour ne citer que ça, ont également été touchés, illustrant un manque flagrant de protection des biens publics.

« Les citoyens paisibles ont été victimes de cambriolages, perdant des téléphones, des ordinateurs et plusieurs biens », a-t-il déploré. Le bilan est accablant, et la responsabilité de l'État congolais est mise en lumière. « C'est l'État qui est responsable de la protection de ses institutions et de ses citoyens », a insisté Chako Changu. Il a également souligné que l'État doit assumer ses obligations en matière de sécurité, de prévention et de protection des infrastructures publiques.

Cela étant, selon notre source « La ville d’Uvira, construite grâce aux contributions de ses habitants, mérite une réponse appropriée de la part de l'État. Nous demandons des excuses publiques et des mesures concrètes pour rétablir la sécurité et la dignité de nos institutions », a-t-il conclu.

Alors que la population d’Uvira se trouve dans une situation de désespoir et d’insécurité, plusieurs sources appellent à l'action pour que l'État congolais prenne ses responsabilités et garantisse la sécurité de tous.

 

Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu

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