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lpa | 29 juillet 2026 | 190 vues

RDC : pour Me Kimputu, la loi référendaire est « un bluff » politique

L'arrêt de la Cour constitutionnelle déclarant conforme à la Constitution la loi référendaire, ne débouchera pas nécessairement sur l'organisation d'un référendum en République démocratique du Congo.

C'est ce que pense Me Kimputu Kimena Joseph, membre du parti Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé) à Uvira, Sud-Kivu à l'Est de la RD Congo.

Dans son analyse politique rendue publique après l'arrêt de la haute juridiction ce mardi 28 juillet 2026, notre source considère que le pouvoir de Kinshasa chercherait davantage à renforcer sa position dans les discussions politiques à venir qu'à engager effectivement un processus de révision constitutionnelle.

« Pour moi, c'est un bluff. Il n'y aura pas de référendum », affirme-t-il. Selon lui, la validation de la loi référendaire par la Cour constitutionnelle offrirait au gouvernement « une arme politique » susceptible d'être utilisée lors d'éventuelles négociations avec l'opposition, mais aussi avec la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l'Église du Christ au Congo (ECC), qui plaident depuis plusieurs mois pour un dialogue national.

" Ce que moi je pense, c'est que dans toute négociation, il faut se présenter en position de force", indique Me Kimputu soutenant que les contextes sécuritaire, politique et diplomatique ne sont pas favorables à la promulgation d'une loi ouvrant la voie à une modification de la Constitution et qui favoriserait la Balkanisation de l'Est de la RDC. À son avis, une telle initiative risquerait d'accentuer les tensions déjà perceptibles dans le pays.

Ce membre de l'ECiDé estime également que toute tentative d'organiser un référendum sans consensus national pourrait entraîner une aggravation de la crise politique et sécuritaire. Il appelle plutôt à l'organisation d'un dialogue national inclusif afin de traiter les causes profondes des conflits qui affectent la RDC.

Commentant l'arrêt de la Cour constitutionnelle, Me Kimputu relève ce qu'il considère comme un paradoxe juridique. Il fait observer que la loi référendaire a été jugée conforme à la Constitution alors même que ses promoteurs évoquent la nécessité de modifier cette dernière. Il note également que la Cour a demandé que la loi soit publiée au Journal officiel avec son arrêt en annexe, estimant que certaines réserves formulées par les juges mériteront d'être clarifiées.

Ces déclarations interviennent alors que le débat autour de l'éventualité d'une réforme constitutionnelle continue d'alimenter les discussions au sein de la classe politique congolaise, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires dans l'Est du pays et les appels récurrents en faveur d'un consensus national.


Pascal BAHUNDE - LPA Sud-Kivu 



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