RDC : l'organisation PPI documente 14 cas d'atteintes contre les journalistes en deux mois
Entre août et octobre 2024, l'organisation Partenariat pour la protection intégrée (PPI en sigle) fait un état de 14 atteintes contre les journalistes à l'est de la RDC. C'était à l'occasion de la Journée internationale de la lutte contre l'impunité des crimes commis contre les journalistes.
Entre août et octobre 2024, l'organisation Partenariat pour la protection intégrée (PPI en sigle) fait un état de 14 atteintes contre les journalistes à l'est de la RDC. C'était à l'occasion de la Journée internationale de la lutte contre l'impunité des crimes commis contre les journalistes.
Le
Partenariat pour la protection intégrée vient de rendre public son rapport, ce
samedi 02 novembre 2024 dans la ville de Bukavu.
Jonathan
Magoma, directeur exécutif ad intérim de PPI, souligne que ce rapport met en
lumière les conditions précaires et dangereuses dans lesquelles évoluent les
professionnels des médias, particulièrement dans les zones touchées par les
conflits armés en RDC.
«
D’août à octobre 2024, PPI a documenté 14
cas de violations et d’abus contre des journalistes et des médias dans quatre
provinces de l’Est », dit-il.
La
province du Nord-Kivu est en tête avec 9 cas, suivie du Sud-Kivu avec 4, tandis
que la province de l'Ituri a connu 1 cas.
«
Aucun incident n’a été relevé au
Tanganyika, bien que cette province reste également exposée à une criminalité
urbaine croissante et à une insécurité généralisée », ajoute-t-il.
Parmi
les cas documentés, 7 sont directement liés au travail des journalistes.
Ce
même rapport note également des assassinats récents de journalistes dans la
région.
Jonathan
Magoma rapporte que le 4 août, Ghislain Kasonia, journaliste à Radio Upendo
Kivu, a été retrouvé sans vie au stade Maurice de Furu à Butembo, dans des
circonstances encore non élucidées. Un autre crime atroce a été commis le 27
septembre lorsqu’Edmond Bahati, coordonnateur de la Radio Maria de Goma, a été
abattu par des hommes armés alors qu’il rentrait chez lui. Bien que ses
meurtriers aient été arrêtés, leur procès n’a toujours pas commencé, suscitant
de vives inquiétudes sur la justice pour les victimes et leurs familles.
Selon
ce rapport de PPI, les agents étatiques, notamment les forces de sécurité, sont
responsables de 69 % des violations documentées cette année. Les groupes armés
occupent la deuxième position, suivis d’inconnus, de partisans de partis
politiques et de clubs de sport. Les attaques contre les journalistes prennent
diverses formes : menaces, agressions, assassinats, enlèvements, tortures, ainsi
que des pillages et des pressions fiscales sur les médias.
Le
Partenariat pour la protection intégrée alerte les autorités concernant les
Wazalendo, des miliciens autoproclamés patriotes, accusés de harcèlement et de
menaces contre les journalistes. Deux journalistes de la Radio Top Buzi FM,
basée à Minova dans le territoire de Kalehe, ont échappé à la mort et
continuent de recevoir des menaces de la part des Wazalendo.
PPI
appelle les autorités congolaises à agir pour garantir la sécurité des journalistes
et mettre fin à l’impunité.
«
Nous invitons le Gouvernement à
intensifier ses efforts pour protéger les journalistes et à poursuivre les
enquêtes sur les meurtres et abus commis à leur encontre », insiste
Jonathan Magoma.
Grâce
à cette journée, PPI rappelle qu’il est essentiel pour une démocratie de
garantir la sécurité de ses journalistes et insiste sur l’importance de mettre
fin à l’impunité qui entoure les violences à leur encontre.
Richelieu BYAMANA – LPA Sud-Kivu
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