Nord-Kivu : la société civile tire la sonnette d’alarme sur la crise socio-économique
Dans l’est de la République démocratique du Congo, la dégradation de la situation socio-économique au Nord-Kivu suscite une vive inquiétude au sein de la société civile. Dans plusieurs zones de la province, l’activisme persistant des groupes armés continue de peser lourdement sur les conditions de vie des populations.
Réunis
ce vendredi 17 avril 2026 à Musienene, chef-lieu de la chefferie de Baswagha,
les représentants des forces vives ont dressé un constat préoccupant. Ils
dénoncent une recrudescence des violences, marquées par des tueries, des
pillages et des actes d’intimidation devenus quasi quotidiens dans certaines
localités.
Au-delà du simple constat sécuritaire, ces acteurs pointent une crise plus profonde, où insécurité et précarité économique s’alimentent mutuellement. La persistance des groupes armés affecte les activités économiques, fragilise les circuits d’approvisionnement et accentue la vulnérabilité de milliers de ménages, notamment les personnes déplacées.
Face à cette situation, la société civile appelle les autorités congolaises et leurs partenaires à faire preuve de fermeté et de cohérence. Elle plaide pour des actions ciblées visant à démanteler les groupes armés et à restaurer l’autorité de l’État dans les zones affectées.
En même temps, elle insiste sur l’urgence d’une réponse humanitaire adaptée pour venir en aide aux populations déplacées, souvent privées d’assistance. Les forces vives recommandent également une évaluation approfondie des opérations conjointes FARDC-UPDF, dont l’efficacité dans la lutte contre les rebelles ADF reste contestée.
Les forces vives exigent par ailleurs la suppression des barrières illégales, accusées d’asphyxier davantage l’économie locale, ainsi qu’un meilleur encadrement des groupes armés locaux, notamment ceux se réclamant des Wazalendo.
Sur le plan économique, la société civile plaide pour un allègement de la fiscalité afin de soutenir des opérateurs déjà éprouvés par l’instabilité sécuritaire. Pour les forces vives, seule une approche globale, alliant sécurité, assistance humanitaire et relance économique, permettra d’inverser la tendance.
Dans
ce contexte, elles lancent un appel pressant à des actions urgentes et
coordonnées, estimant que l’heure n’est plus aux déclarations, mais à des
réponses concrètes capables de restaurer la confiance des populations et de
remettre la province sur la voie de la stabilité.
Irave Wavomundu – LPA Nord-Kivu
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