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Menaces présumées contre Justin Mutombo à Uvira : quand une crise de chorale déborde sur le terrain sécuritaire

Au centre de cette affaire se trouve Justin Mutombo, président de la Sous-Commission diocésaine Musique et Arts sacrés du diocèse d’Uvira.

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Par LPA-OP

04 juin 2026 • visibility 473 vues

Menaces présumées contre Justin Mutombo à Uvira : quand une crise de chorale déborde sur le terrain sécuritaire

À première vue, il ne s’agissait que d’un différend interne dans une chorale de la paroisse Cathédrale Saint Paul du Diocèse d’Uvira. Pourtant, en l’espace de quelques semaines, une crise née autour d’élections internes au sein du Chœur Triomphal de la cathédrale Saint-Paul d’Uvira a pris une ampleur inattendue, débouchant sur des accusations de complot, des messages de menace et des appels à la protection d’un responsable diocésain de premier plan.

Au centre de cette affaire se trouve Justin Mutombo, président de la Sous-Commission diocésaine Musique et Arts sacrés du diocèse d’Uvira. Nommé par décret n°002/S-JMM/EU/18 du 23 mars 2018 signé par l’évêque du diocèse d’Uvira, Monseigneur Sébastien Joseph Muyengo, il coordonne depuis plusieurs années les chorales et activités artistiques de l’ensemble du diocèse.

Un engagement reconnu auprès de la jeunesse

Avant même sa nomination diocésaine, Justin Mutombo a fondé en juin 2017, le Chœur Pilote des Petits Chanteurs d’Uvira (CPPCU), une initiative réunissant aujourd’hui plus de 150 enfants et adolescents issus de différentes paroisses du diocèse.

Selon plusieurs acteurs ecclésiastiques, cette structure s’inscrit dans la vision pastorale de l’évêque d’Uvira consistant à promouvoir l’encadrement de la jeunesse. Une orientation souvent rappelée dans les homélies et discours épiscopaux, où Monseigneur Muyengo souligne régulièrement que « lorsqu’un esprit n’est pas bien occupé, il est exposé aux dérives ».

Depuis lors, le mandat de Justin Mutombo a été régulièrement reconduit lors des nominations pastorales diocésaines. 

Une crise autour de sanctions disciplinaires

Selon plusieurs sources concordantes, le conflit est né il y a quelques mois après la suspension de certains chantres pour une durée de trois mois. Cette décision, jugée par certains membres comme subjective, aurait accentué des clivages déjà existants au sein de la chorale.

Face à la détérioration du climat interne, le coordonnateur paroissial de la musique et des arts sacrés de la cathédrale Saint-Paul, Damien Kaba, avait saisi la coordination diocésaine.

Justin Mutombo serait alors intervenu dans un processus de médiation qui, selon plusieurs témoins, avait permis de ramener momentanément le calme et d’éviter une rupture ouverte entre les différents groupes.

Les élections qui ont ravivé les divisions

Mais la véritable fracture est apparue lors du renouvellement du comité dirigeant du Chœur Triomphal.

Comme dans d’autres chorales de la paroisse, des élections ont été organisées afin de mettre en place une nouvelle équipe dirigeante. Selon des informations recueillies auprès de plusieurs membres de la communauté chorale, un candidat identifié sous le nom de Camille aurait été élu à la présidence.

Cependant, la coordination paroissiale aurait estimé que l’intéressé se trouvait dans une situation d’empêchement au regard des règles ecclésiales relatives aux responsabilités au sein de l’Église.

Face à cette situation, la coordination aurait envisagé une autre configuration de gouvernance. Un choriste nommé Rajabu, qui n’avait obtenu qu’un nombre limité de voix lors du scrutin, aurait alors été proposé pour assumer la présidence, assisté d’une adjointe nommée Sabine.

Cette réorganisation n’aurait pas fait l’unanimité.

Des membres proches du candidat initialement élu auraient rejeté cette option, estimant qu’elle ne reflétait pas le choix exprimé lors du vote.

C’est dans ce contexte que plusieurs messages audio ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Dans l’un de ces enregistrements, consulté auprès de nos sources, un intervenant identifié comme Jean-Claude Kubuye attribue la responsabilité de la crise à Justin Mutombo et à Damien Kaba respectivement coordinateur diocésain de la musique et arts sacré et coordinateur paroissiale de cette coordination. Selon ses dires dans cet extrait audio de 5 minutes et 51 secondes, ces deux responsables ecclésiastiques n’ont pas à s’interférer dans les affaires de leur chorale.

Celui-ci est allé jusqu'à jurer que l'intéressé Rajabu, jamais ne dirigera pas la Chorale Chœur triomphal et promet de tout mettre en oeuvre pour faire echec à ce qu'il qualifie de plan de destabilisation de la choral en evoquant meme de secher la chorale.

Une réunion au cœur des soupçons

Selon plusieurs témoignages recueillis par notre rédaction, une réunion aurait été organisée au domicile d’une choriste identifiée comme Materne Kurukumbe. Cette rencontre aurait réuni plusieurs membres influents de la chorale, parmi lesquels Camille Bavure Chakanabo, Jean-Claude Muhigwa Rubayu, Jean-Marie Museni, Kameta Arsène, Trésor Selemani ainsi que d’autres participants.

Dans plusieurs audios attribués à ces derniers et qui circulent dans certains groupes sociaux, on peut attendre des gens sous les effets de l'alcool s'attaquer à la personne de Justin Mutombo qu'ils cite régulièrement et qu'ils estiment ne fait rien pour leur chorale.

Les personnes interrogées divergent cependant sur la nature exacte de cette réunion. Certaines sources la présentent comme une simple rencontre de concertation entre choristes mécontents du processus électoral. D’autres affirment qu’elle aurait servi de cadre à la préparation d’actions visant directement Justin Mutombo.

À ce stade, aucune décision judiciaire ou administrative n’est venue établir officiellement les responsabilités des personnes citées.

Une alerte officielle face aux menaces

La situation a pris une dimension plus grave avec la publication de plusieurs documents de dénonciation, de soutien et de condamnation consultés par notre rédaction.

Parmi eux figure la note circulaire n°06/CDPCU/2025 de la Coordination diocésaine des Petits Chanteurs d’Uvira. Dans ce document, les responsables du mouvement dénoncent ce qu’ils qualifient de complot visant à porter atteinte à l’intégrité physique, morale et professionnelle de Justin Mutombo.

Le texte présente ce dernier comme un acteur engagé dans la formation des choristes, la composition de chants liturgiques, l’encadrement de la jeunesse et diverses œuvres à caractère social et philanthropique. Les signataires affirment également avoir pris connaissance de messages audio contenant des menaces de mort dirigées contre lui.

Appel à l’intervention des services compétents

Face à ces développements, la Coordination diocésaine des Petits Chanteurs d’Uvira appelle les services de sécurité et de renseignement à se saisir du dossier afin de prévenir toute atteinte à la sécurité du responsable diocésain.

L’organisation invite également les fidèles catholiques, les parents et les membres des différentes chorales à privilégier le dialogue, l’unité et la prière.

Au-delà du cas individuel de Justin Mutombo, cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontées certaines organisations communautaires et religieuses lorsqu’un différend de gouvernance se transforme en confrontation personnelle.

Pour l’heure, les autorités diocésaines n’ont pas encore rendu publique leur position officielle sur l’ensemble des accusations et contre-accusations qui entourent cette affaire.

 

Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu

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