Lubero : la presse, entre courage et survie pour les journalistes
Au Nord-Kivu, dans le territoire de Lubero, le métier de journaliste continue de susciter des vocations, notamment chez les jeunes. Diplômés d’université ou simples passionnés formés sur le terrain, ils sont nombreux à embrasser cette profession avec espoir. Pourtant, derrière cette attractivité apparente, la réalité quotidienne reste marquée par une grande précarité.
Dans cette région de l’est de la RDC, le journalisme offre souvent davantage de visibilité que de stabilité financière. Plusieurs professionnels des médias dénoncent une rémunération dérisoire, quand elle existe. Certains parlent de « monnaie de singe », d’autres affirment travailler sans percevoir le moindre salaire, animés uniquement par le devoir d’informer.
Pour subvenir à leurs besoins, beaucoup de journalistes sont contraints de cumuler les activités. Taxi-moto, maçonnerie, agriculture ou encore enseignement : ces métiers parallèles deviennent indispensables pour assurer la survie de leurs familles. Une situation qui, selon plusieurs observateurs, impacte inévitablement la qualité du travail journalistique.
C’est le cas d’Éric Maghetse, journaliste à la Radio télévision Communautaire de Lubero RTCL. Reporter, présentateur et animateur, il affirme ne tirer qu'un moindre revenu de son activité médiatique. Père de famille, il doit multiplier les petits boulots pour joindre les deux bouts du mois. Un constat partagé par Wasigya Musalala, de la Radio communautaire de de Kavetya RCK, qui combine les fonctions de maçon, taximan, enseignant et journaliste.
Face à ces conditions difficiles, la presse locale se retrouve fragilisée, tiraillée entre engagement professionnel et impératifs de survie. Malgré les alertes répétées des acteurs du secteur, peu de mesures concrètes semblent mises en place pour améliorer leur situation.
En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque 3 mai, ces journalistes de Lubero rappellent que l’exercice de leur métier relève autant du courage que de la résilience.
Irave Wavomundu - LPA Nord-Kivu
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