La non-acceptation et la discrimination ethnique à Uvira : un obstacle à la paix communautaire et aux liens transfrontaliers
Depuis plusieurs années, la partie sud de la province du Sud-Kivu est marquée par une détérioration progressive de la cohésion sociale et du vivre-ensemble entre différentes communautés. À l’origine de cette situation, la stigmatisation et la discrimination de certaines communautés, souvent qualifiées d’étrangères, en raison de leur langue ou de leur morphologie.
Depuis plusieurs années, la partie sud de la province du Sud-Kivu est marquée par une détérioration progressive de la cohésion sociale et du vivre-ensemble entre différentes communautés. À l’origine de cette situation, la stigmatisation et la discrimination de certaines communautés, souvent qualifiées d’étrangères, en raison de leur langue ou de leur morphologie.
Ces
perceptions, nourries par des préjugés persistants, sont à l’origine de
nombreuses conséquences graves, avec des impacts négatifs sur les humains et
sur les infrastructures.
Le cas le plus récent s’est produit le mardi 18 juin 2025, non loin du bureau de la chefferie des Bavira, où un malentendu entre un groupe de civils armés et une vingtaine de membres de la communauté Banyamulenge escortés par des soldats burundais déployés dans cette zone pour des missions de sécurité a dégénéré en tirs. Ces civils de la communauté banyamulenge provenaient des hauts plateaux en groupement de Bijombo pour accompagner une personne malade pour des soins à Uvira-ville. La taille du groupe escorté a suscité la méfiance de certains civils armés, qui ont suspecté une possible infiltration rebelle, accusant les soldats burundais d'être leurs alliés.
Les autorités militaires sont
intervenues pour protéger les personnes qui étaient câblées. Même cas pour la
communauté Bashi, qui, depuis la détérioration de la situation sécuritaire dans
la province, elle est taxée d'être complice de rebelles et subits différentes
menaces.
Cette
attitude est condamnée par certains experts en relations nationales et
régionales. Pour Patience MIRUHO, expert en relations internationales, la
non-acceptation de certaines communautés, associée à la discrimination ethnique
et aux accusations de complicité avec des groupes armés, constitue une menace
pour la paix communautaire et régionale. Elle fragilise l’unité nationale,
envenime les relations transfrontalières et nourrit l’instabilité. Selon lui,
la mise en place d’une commission de vérité et de réconciliation, impliquant
toutes les communautés d’Uvira, pour discuter des griefs historiques et
identifier des réparations symboliques ou concrètes, ainsi que l’intégration
dans les écoles de modules sur la diversité culturelle, le vivre ensemble et
les droits humains, sont d’une importance capitale pour y faire face.
«
Une loi contre les discours de haine
ethnique devrait être appliquée fermement. L’État congolais et les différentes
organisations de paix doivent faire la promotion des initiatives conjointes
avec les pays voisins (Burundi, Rwanda) autour des projets économiques ou
éducatifs partagés », exhorte Patience MIRUHO.
Contacté quant à ce, Kifara KAPENDA Kyk'y, maire adjoint et maire à l’intérim de la ville d’Uvira, a, dans une interview jeudi 19 juin, appelé différentes communautés à l’apaisement et à lutter contre la division, surtout en ces moments exceptionnels où la province, et la ville d’Uvira en particulier, fait face à l’agression rebelle. Nous devons aussi comprendre le contexte dans lequel nous sommes et éviter la globalisation pour la stabilité de notre ville, a-t-il conclu, Kifara Kapenda Kyk'y.
Article
rédigé dans le cadre de la campagne Vrai ou Faux exécutée par la Corporation
des Médias en ligne d'Uvira Fizi et Mwenga "COMEL-RDC" et la SYMUF -
MAISON DE LA PRESSE.
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