Kasindi : deux hommes tués par justice populaire pour n’avoir pas maîtriser la langue "Kinande"
Dans un acte de violence choquant, deux hommes ont été victimes de justice populaire à Kasindi au Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo, en raison de leur incapacité à maîtriser la langue Nande.
Dans un acte de violence choquant, deux hommes ont été victimes de justice
populaire à Kasindi au Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo, en
raison de leur incapacité à maîtriser la langue Nande.
Les circonstances tragiques de ces meurtres liés aussi à la
non possession de leur carte d’identité lors qu’ils ont été attrapés par des
jeunes du milieu ont suscité l'indignation et soulevé des questions sur la
brutalité de tels actes.
Les victimes ont été attaquées par une foule en colère après
un malentendu linguistique qui a dégénéré en violence, fait savoir monsieur Denis
Kalenga, codonateur de la Nouvelle société civile du groupement Basongora dans
la ville frontalière de Kasindi au Nord-est de la RDC. Malgré leurs tentatives
pour expliquer leur situation, les deux hommes ont été battus à mort avant que
les autorités ne puissent intervenir pour les protéger.
Des nombreuses voix se sont élevées pour condamner cet acte
de barbarie étant donné que la communauté locale vit sous le choc de l’insécurité
grandissante dans la zone imposée par des groupes armés. Selon Denis Kalenga de
la société civile, « la
langue ne devrait jamais être un prétexte pour la violence et la haine. Il est
crucial que la diversité linguistique soit célébrée et respectée, et que les
différences culturelles soient comprises et acceptées ».
Notre source ajoute qu’un atelier de sensibilisation avait déjà
été organisé par leur structure citoyenne qui a réuni les jeunes de certains
quartiers que compte la cité de Kasindi y compris quelque leader d'opinion pour
le sensibiliser sur le danger qu’ils sont entrain de concourir.
Celui-ci recommande aux autorités locales d’enquête sur ces
meurtres odieux et traduire en justice les responsables de ces actes
inexcusables.
« En
cette période sombre, il est essentiel que la population de Kasindi se
rassemble pour condamner la violence et promouvoir l'inclusion et le respect
mutuel. La sécurité de tous les résidents de la région doit être une priorité
absolue, et la justice doit être rendue pour les victimes de cette tragédie
insensée »
explique monsieur Kalenga.
Il préconise également de multiplier des sensibilisations à
la population sur la tolérance et la non-violence, afin d'éviter de tels drames
à l'avenir.
Signalons que le kinande, est une langue bantoue dont le nombre de locuteurs en RDC était estimé à plus de 10 000 000 en 2022 et près de 1 000 000 en Ouganda, mais beaucoup parlent aussi la langue véhiculaire de la région, le swahili et un petit nombre, le lingala.
Ces deux cas et un autre qui a avorté après intervention des
acteurs de la société civile ont été enregistré dans le mois de juin 2024.
Pascal BAHUNDE - LPA
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