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lpa | 29 novembre 2025 | 300 vues

Kasaï – Question orale adressée au gouverneur : le RPDDH rappelle le rôle fondamental de l’organe délibérant

Dans un contexte politique sous tension au Kasaï après l'introduction à l'assemblée provinciale d'une question orale avec débat adressée au gouverneur par le député Calvin Minga, le Réseau de Protection des Défenseurs des Droits Humains (RPDDH) rappelle que la mission d'une Assemblée provinciale en République démocratique du Congo n’est pas de protéger l’exécutif, mais de le contrôler.

De plus en plus d’observateurs dénoncent un glissement inquiétant vis-à-vis des plusieurs réactions qui émaillent la toile depuis le dépôt de cette question à l'assemblée provinciale : certaines assemblées provinciales semblent délaisser leur rôle constitutionnel pour adopter une posture de défense du gouverneur. Une dérive qui interroge sur la qualité de la gouvernance et le respect des principes démocratiques.

Un mandat clair mais souvent négligé

La Constitution confie à l’Assemblée provinciale une responsabilité majeure : contrôler l’action du gouvernement provincial. Ce contrôle s’exerce notamment par les questions orales, les interpellations, les enquêtes parlementaires ou encore les résolutions.

Cependant, lorsque l’organe chargé d’évaluer l’exécutif devient son protecteur, c’est tout l’équilibre institutionnel qui vacille. L’indépendance des élus se trouve remise en cause, tout comme la crédibilité du système provincial.

Le risque du « copinage institutionnel »

Cette dérive s’explique parfois par la proximité politique entre certains députés et le gouverneur, par des alliances internes ou par la recherche d’avantages personnels.

Le danger est manifeste : le copinage remplace la redevabilité, vidant les mécanismes de contrôle de leur substance.

Dans ce climat, les questions orales sont minimisées, les débats affaiblis et toute critique de l’exécutif est perçue comme une hostilité politique plutôt que comme un exercice démocratique normal.

Des conséquences directes sur la gouvernance

Lorsque l’Assemblée s’érige en rempart du gouverneur, plusieurs dérives apparaissent :

– Opacité accrue : les dossiers sensibles ne sont plus débattus.

– Contrôle public limité : les décisions échappent au regard critique des élus.

– Tensions internes : les députés qui assument pleinement leur rôle deviennent des cibles.

– Méfiance citoyenne : le public voit les institutions comme complices plutôt que garantes de l'intérêt général.

Ce dysfonctionnement fragilise l’État de droit et l’image même des assemblées provinciales.

Le débat, pilier essentiel de la démocratie

Dans toute démocratie, contrôler l’action publique n’est pas une provocation : c’est un devoir. Les assemblées doivent rester des espaces de débats, de transparence et de reddition de comptes.

Renoncer à ce rôle, c’est affaiblir la démocratie locale et laisser place aux dérives autoritaires ou clientélistes.

Un appel à restaurer l’équilibre institutionnel

Le positionnement de certaines Assemblées comme « défenseurs » du gouverneur révèle un malaise profond.

Au-delà des rivalités politiques, c’est l’avenir de la gouvernance provinciale qui est en jeu.

Le RPDDH appelle à un retour urgent du contrôle parlementaire rigoureux, indépendant et transparent, indispensable pour garantir l’équilibre des pouvoirs et répondre aux attentes de la population tout en encourageant le gouverneur Mukendi d'aller répondre à une série de questions lui posées par le député Calvin Minga.

 

Henri Ntambue – LPA Kasaï

 

 

 



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