Idjwi: UFIN sensibilise sur la lutte contre le verdict populaire et l'importance du mariage civil
Alors que le territoire d'Idjwi à l'Est de la RDC fait face aux actes de justice populaire, le collectif Union des Femmes Insulaires (UFIN) vient de réunir les habitants dans le souci d'éradiquer ces pratiques dangereuses sur les femmes et les jeunes filles. Trois séances de tribune d'expression populaire ont été réalisées pour parler des causes et conséquences de ces actes, le respect de la dignité humaine, les lois de la République et autres instruments internationaux.
Dans les trois groupements de la chefferie Rubenga : Bunyakiri, Bugarula et Kihumba, les habitants ont été mobilisés afin d'échanger profondément sur les causes de la justice populaire, pistes de solutions et le bien fondé du mariage civil pour un couple.
Sorcellerie et fétichisme qui poussent à la violence
En ce qui concerne les pratiques de sorcellerie et fétichisme, l'assistance fustige le fait que chaque fois les femmes et filles qui soient incriminé par la société et malheureusement, sans aucune preuve, elles perdent la vie, tabassées, lynchées ou leurs biens et maisons saccagés par certains habitants suite à des allégations sans fondement.
Les causes évoquées et qui poussent à ces actes sont: les conflits familiaux, manque de connaissance et informations, les maladies, la consommation de boissons fortement alcoolisées, les croyances religieuses et coutumières.
Me Vengi Bera, consultant à UFIN, appelle la population au respect de la femme et les lois du pays.
"L'Etat Congolais ne reconnaît pas les histoires de sorcellerie et fétiches. Ceux-là qui participent aux actes de verdict populaire tombent dans les infractions d'assassinat, destruction méchante, coups et blessures volontaires, imputation dommageable et associations à un groupe de malfaiteurs. Ces infractions sont passibles d'une peine d'emprisonnement et d'amendes. Évitez ces pratiques car demain ou après, l'Etat pourra rechercher les auteurs et leurs complices afin de les condamner " conseille-t-il.
En ce qui concerne le mariage, le consultant a insisté sur l'enregistrement du mariage par l'officier de l'état civil avec le choix de l'un du régime matrimonial. Il affirme que l'importance du mariage suivant le code de la famille révisé est que le couple est légal, protège le conjoint et la conjointe dans le foyer, protège les deux partenaires contre l'infraction d'adultère, garantit la gestion de biens et l'héritage de l'un du couple après la mort.
Jean-Marie Mushobozi et Renato Burasa, ces habitants du groupement Kihumba, appellent la population à éviter la justice populaire, à appliquer le bien vivre ensemble dans la société et en famille pour une cohésion et communauté sans violence. Ils plaident également pour l'affectation d'un agent au bureau du groupement pour faciliter l'enregistrement des mariages car le transport jusqu'à Bugarula est aussi coûteux.
Asifiwe, du groupement Bunyakiri, remercie pour sa part l'organisation UFIN pour ce dialogue communautaire et promet de sensibiliser les couples non en règle, afin de régulariser leurs mariages auprès de l'état civil.
Trois comités chargés de la documentation et alerte rapide de cas de verdict populaire ont été installés dans les 3 groupements.
Ces tribunes d'expressions populaires s'inscrivent dans la célébration de 16 jours d'activisme contre les violences faites aux femmes et filles, avec le soutien de la Fondation Panzi.
Richelieu Byamana - LPA Sud-Kivu
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