FR EN
Logo LPA - OP
Sociétés • National

A Uvira, les réfugiés du camp de Kavimvira font face à la détresse d’une survie sans droits sous le silence (témoignages)

À l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le camp de transit de Kavimvira, situé à Uvira, au Congo, dévoile une réalité trop souvent oubliée. C’est celle de la souffrance quotidienne d’hommes, de femmes et d’enfants qui survivent dans des conditions indignes.

LPA - OP

Par LPA-OP

20 juin 2025 • visibility 1359 vues

A Uvira, les réfugiés du camp de Kavimvira font face à la détresse d’une survie sans droits sous le silence (témoignages)

À l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le camp de transit de Kavimvira, situé à Uvira, au Congo, dévoile une réalité trop souvent oubliée. C’est celle de la souffrance quotidienne d’hommes, de femmes et d’enfants qui survivent dans des conditions indignes.

Prospère Ininahazwe, réfugié burundais, ne cache pas son désespoir. « Nous souffrons beaucoup ici. Pas de nourriture, pas d’eau potable, pas de lieu correct pour dormir, pas d’électricité… Nos toilettes sont sales. Nous sommes laissés pour compte », témoigne-t-il au reporter de La Presse africaine ce Vendredi 20 juin 2025, appelant les autorités congolaises et internationales à entendre leurs cris de précarisés.

Cette détresse n’est pas un cas isolé. Bernice Niyomukiza, également réfugiée, raconte comment la famine la pousse à transporter du sable, espérant trouver un peu d’argent pour acheter nourriture, savon ou médicaments, pour ne citer que ça. « Nous sommes des humains. Quand on tombe malade, il faut payer sa propre santé », déplore-t-elle, dénonçant en prime la corruption qui prive les réfugiés des aides promises.

Evariste Ndayisaba confirme cette dureté du quotidien : « Nous buvons l’eau sale de la rivière et du lac Tanganyika, ce qui engendre des cas de choléra. » Il évoque aussi le manque d’hygiène criant, le manque d’abris et l’absence totale de soutien.

Face à cette tragédie humaine, certains habitants locaux tentent d’apporter une aide, comme Morina Muderwa qui propose des petits emplois à ces réfugiés pour qu’ils puissent subvenir à leurs besoins, même si cela reste précaire. Kiza Tiniko, voisin du camp, partage également son amertume : « Ces réfugiés dorment dehors, réclament de la nourriture et beaucoup d’enfants se retrouvent mendiants dans les rues. »

Kiza Tiniko pense qu’il est urgent d’attirer l’attention sur ce drame humain. Le Comité National pour les Réfugiés (CNR), le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) et le gouvernement congolais sont appelés à agir rapidement. Selon lui, la nécessité est de garantir des conditions de vie dignes et accessibles à tous, ou envisager, pour ceux qui le souhaitent, un rapatriement en sécurité vers le Burundi.

A noter, le camp de Kavimvira, établi depuis 2015, est devenu un lieu de survivance et de résistance pour ces centaines de réfugiés. Malgré leurs conditions misérables, ces personnes continuent de faire preuve d’une résilience remarquable. L'emploi précaire dans la carrière de sable est devenu, pour beaucoup, le seul moyen de tenir face à la faim et à l’abandon.

 

Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu

À Lire Aussi