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A Uvira, des déplacés internes de Muyange souhaitent regagner leur village après des décennies d’exil

Sous l'initiative émotive et historique de Kifara Kapenda Kik’y, plus de 250 familles de déplacés internes cherchent à retourner dans leur village ancestral, Muyange, situé dans le territoire d’Uvira, groupement Kabunambo, plaine de la Ruzizi.

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Par LPA-OP

19 novembre 2024 • visibility 2066 vues

A Uvira, des déplacés internes de Muyange souhaitent regagner leur village après des décennies d’exil

Sous l'initiative émotive et historique de Kifara Kapenda Kik’y, plus de 250 familles de déplacés internes cherchent à retourner dans leur village ancestral, Muyange, situé dans le territoire d’Uvira, groupement Kabunambo, plaine de la Ruzizi. Ces familles avaient fui vers des localités comme Sange, Rusabagi, Ndunda et Luberizi durant la rébellion muleliste.

Des décennies de conflits armés, de violences intercommunautaires et d’instabilité politique ont contraint ces familles à quitter leur terre, provoquant des pertes humaines et la fragmentation de leur cohésion sociale et culturelle.

Gérard Matibu Mupanzi, chef du groupement Kabunambo, a souligné l'importance du retour de cette population vers leurs terres fertiles pour reconstruire leur espace longtemps abandonné, ce qui favoriserait également la paix et le développement dans la région. « Nous avons un peuple et une terre, mais on ne construit pas. C'est le moment de reconstruire Muyange », a-t-il déclaré.

Le retour des habitants de Muyange, soutenu par Kik’y, symbolise leur quête de justice et de rétablissement. Lors d'une rencontre le 17 novembre 2024, Kik’y a affirmé : « Il est temps de tourner la page de l’exil et de reconstruire notre communauté. Nos ancêtres ont bâti ce village, et nous avons le devoir de le sauver pour les générations futures. »

Les habitants demandent une aide humanitaire pour reconstruire leurs maisons et retrouver leur subsistance. Ils insistent sur la nécessité de réconciliation et de soutien gouvernemental pour assurer sécurité et stabilité.

Manenga Nabarongo, un habitant, a témoigné : « On nous a tués, volés et nos maisons détruites. Désormais, nous voulons regagner notre village natal. Si on me construisait une hutte aujourd'hui, je pourrais déjà rentrer et recommencer une vie digne. Je suis fatigué de vivre chez autrui et de parcourir la distance entre Sange et Muyange pour cultiver. »

Il est essentiel que les organisations humanitaires locales et internationales se mobilisent pour aider ces déplacés à reconstruire les infrastructures à Muyange et sécuriser les terres laissées à l'abandon.

La communauté internationale et les acteurs locaux doivent collaborer pour créer un environnement favorable à la réintégration des déplacés et à une paix durable dans la plaine de Ruzizi.

 

Pascal BAHUNDE – LPA Sud-Kivu

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