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lpa | 16 janvier 2026 | 1093 vues

A la Une: l’AFC/M23 place Uvira sous la responsabilité internationale — "ironie" ou "réalité"?

Un document signé par Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l'AFC/M23 (mouvement armé et opposé au régime de Kinshasa) décide de mettre un terme à toute ambiguïté et de placer la ville d'Uvira sous la « responsabilité » de la MONUSCO.

S'adressant directement à Antonio Guterres (secrétaire général des Nations Unies), l'AFC/M23 explique que cette initiative est consécutive à la décision du retrait de forces de la ville ainsi qu'à la correspondance adressée à la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies en RDC par laquelle la rébellion avait invité la MONUSCO à assurer la protection des populations civiles de ladite ville, conformément à son mandat. 

« Animée par le souci constant de lever toute ambiguïté quant à notre bonne foi, à notre attachement sincère au cessez-le-feu en vigueur ainsi qu'à notre engagement résolu en faveur d'une résolution pacifique et politique à la crise, notre organisation (AFC-M23) a décidé, en ce jour, de placer officiellement la ville d'Uvira sous la responsabilité pleine et entière de la communauté internationale. À compter de cette date (15 janvier 2026), notre organisation désengage l'unité d'observation et de monitoring qui attendait d'organiser la remise et reprise de la ville avec la force neutre et décline toute responsabilité quant à la sécurisation de cette importante agglomération de la province du Sud-Kivu », écrit Corneille Nangaa.

Par ailleurs, l'AFC rappelle que les FDLR, l'armée burundaise, les Wazalendo et les FARDC constituent une menace directe et immédiate pour les populations civiles mais également pour le processus de paix en cours et pour la stabilité régionale. Elle insiste sur la mise en place rapide d'une force véritablement "neutre" pour que la ville ne bascule à nouveau dans le chaos, la désolation et la violence.

Les FARDC voient de l'ironie dans cette annonce.

Les Forces armées de la République démocratique du Congo qualifient d'"ironie" cette énième annonce sur le retrait de l'AFC-M23 dans la ville d'Uvira et confirment encore leur présence. « Au moment où nous vous parlons, ces terroristes pillent et volent les biens des paisibles populations dans la ville », fait savoir le sous-lieutenant MBUYI KALONJI Reagan, porte-parole des FARDC au secteur opérationnel Sukola 2, Sud Sud-Kivu.

Les FARDC prennent à témoin à leur tour la communauté internationale et les différents partenaires impliqués dans la résolution du conflit à l'Est de la RDC sur les cas de tuerie, vol, viols des femmes et filles et pillages orchestrés par les éléments de L'AFC-M23 dans différents quartiers d'Uvira.

Un jour après cette annonce, la société civile fait une alerte.

C'est le cas de la nouvelle société civile congolaise sud Sud-Kivu, qui alerte les autorités compétentes et les partenaires humanitaires sur la situation sécuritaire préoccupante survenue ce vendredi 16 janvier 2026 au camp de réfugiés de Ruhigi au Burundi.

Dans son communiqué, la NSCC affirme qu'aux environs de 06 heures, des centaines de réfugiés congolais ont commencé à quitter le camp de Ruhigi de manière « forcée et désordonnée », cherchant à regagner la ville d'Uvira (RDC), à la suite du retrait annoncé de l'AFC-M23 dans cette deuxième ville du Sud-Kivu tombée sous leur occupation il y a de cela un mois. Cette situation s'est fait accompagner par des tirs d'armes à feu provoquant une panique générale et un climat de psychose au sein de la population réfugiée déjà vulnérable.

Mafikiri Mashimango Martin, coordonnateur de cette structure citoyenne, appelle toutes les parties au conflit à faire preuve de sagesse, retenue et responsabilité afin de trouver des solutions urgentes et appropriées pour sécuriser la population et prévenir l'escalade de violences.

 

Richelieu BYAMANA - LPA Sud-Kivu



0 Commentaire :

  1. Attendons voir la suite de cette dernière si!



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